Les soupçons de cartel entachent l’image de Rotterdam qui a fait de la transparence l’un des arguments forts de son offre de soutage aux navires. (Photo : DR)
Les soupçons de cartel entachent l’image de Rotterdam qui a fait de la transparence l’un des arguments forts de son offre de soutage aux navires. (Photo : DR)

Soutage : enquête à Rotterdam sur une possible entente sur les prix

Premier port de commerce européen et troisième place mondiale pour le soutage des navires en carburants marins après Singapour et Fujairah, Rotterdam est sous le coup d’une enquête de l’autorité de la concurrence néerlandaise (ACM) qui soupçonne l’existence d’une entente sur les prix conclue entre plusieurs entreprises spécialisées. 

Selon des informations fournies par la police, ce cartel aurait des implications dans toute la zone dite ARA, qui regroupe Anvers, Rotterdam et Amsterdam. Représentant les 12 sociétés indépendantes qui pèsent 40 % du soutage à Rotterdam, l’organisation néerlandaise des fournisseurs de carburants maritimes Nove reconnaît que deux de ses membres ont été entendus par des inspecteurs de l'ACM, et que les autres avaient reçu un questionnaire. Son directeur Erik de Vries se dit toutefois étonné, rappelant que Rotterdam était au contraire réputé comme la place de soutage où les prix sont les plus bas dans le monde.

L'ACM ne compte pas lâcher prise. Sur son site internet, l’agence publique a publié les peines encourues pour ce type d’infraction : 40 % du chiffre d’affaires de l’entreprise prise en faute et jusqu’à 900 000 euros pour son dirigeant. Comme pour la dissimulation fiscale, d’important rabais sont prévus si le fautif reconnaît volontairement les faits et accepte de fournir des informations. La pêche au gros est lancée.

Frédérick AUVRAY