•  Les conditions météo ont empêché jusqu’ici tout remorquage. (Photo : Marine nationale)
    Les conditions météo ont empêché jusqu’ici tout remorquage. (Photo : Marine nationale)
  • Le navire continue de se rapprocher de la côte aquitaine.
    Le navire continue de se rapprocher de la côte aquitaine.

Le « Modern Express » dérive vers les côtes landaises

L’épilogue de l’histoire du Modern Express, en perdition depuis le mardi 26 janvier dans le golfe de Gascogne, se rapproche. Le navire de 164 mètres poursuit sa dérive vers le sud-est et se situait dimanche 31 janvier à 50 milles dans l'ouest d'Arcachon. Les conditions météo rendaient tout remorquage impossible avant ce lundi, dernière chance avant un naufrage dans les Landes.

Le navire dérive toujours à 2 nœuds environ, et se rapproche de plus en plus de la côte landaise, où il pourrait arriver ce lundi ou mardi.

Le préfet maritime de l'Atlantique, le vice-amiral d’escadre Emmanuel de Oliveira, a précisé lors d'une conférence de presse, le dimanche 31 janvier, les options envisagées pour les prochaines heures.

Il a confirmé que les conditions météo empêchaient tout remorquage mais qu'elles devraient se calmer dans la nuit. Une tentative sera donc envisageable dans la journée de lundi.

Mais si elle échoue, le Modern Express s’échouera, entre ce lundi soir et mardi soir sur la côte sableuse des Landes. Le point et l’heure attendus d’échouage seront alors précisés.

Le préfet a affirmé que le navire sera accompagné jusqu’à l’échouage et que « tout sera fait pour maîtriser les conséquences. La cargaison ne présente pas de danger pour l’environnement (3 600 tonnes de bois et des engins de travaux publics) ».

Il a également indiqué que les soutes de propulsion sont intègres, qu'aucune fuite de carburant n’a été observée. Et que, « même en cas de fuites, il n’y a pas de risque de marée noire » avec seulement 300 tonnes de carburant à bord.

Le préfet a maritime a conclu sur le fait que les fuites seraient alors traitées immédiatement par les moyens spécialisés, en coordination avec la préfecture des Landes.

L’État a déjà plusieurs navires sur la zone. Dès la matinée de jeudi, l’Abeille Bourbon, sur le secteur depuis le mercredi midi, a été rejointe par la frégate de lutte anti-sous-marine Primauguet. Le BSAD Argonaute, équipé de moyens antipollution, les avait rejoints le vendredi matin.

 

Échec d’un remorquage le vendredi

 

Une première tentative de prise en remorque avait d'ailleurs échoué le vendredi 29, alors que le navire était à 148 milles à l'ouest de La Rochelle. L’armateur a fait appel à la société Smit Salvage, intervenue entre autres lors du naufrage du Rokia Delmas, à l’île de Ré, à la fin 2006. Le préfet maritime avait accepté, dans la matinée du vendredi 29, le plan d'action de l'armateur, qui a engagé deux remorqueurs espagnols, les Centaurus et Ria de Vigo.

Une équipe de 4 personnes de Smit Salvage est montée à bord du navire à 13 h 45, pour préparer le navire pour un remorquage. Mais cette intervention a été contrecarrée par la forte gîte et des mouvements liés à la houle (de 4 à 5 mètres).

La ligne de passage légère fournie par le Centaurus a rompu, empêchant la mise en place de la remorque. Un membre de l'équipe de sauvetage a été blessé à l'épaule et les opérations ont été arrêtées avant la nuit.

Dans ces conditions, une nouvelle intervention semblait très risquée. « Le personnel blessé légèrement hier estime avoir eu beaucoup de chance », indiquait le samedi la préfecture maritime.

Deux spécialistes de Smit Salvage sont venus renforcer l'équipe sur zone le samedi 30 et ont inspecté l'épave pour préparer une éventuelle intervention, mais sans pouvoir passer à l'acte .

Toute la journée du samedi, la météo est en effet restée mauvaise : vent de force 6, avec des rafales à 70 km/h et mer forte, avec des creux de 6 mètres. Avant l'amélioration annoncée pour ce lundi 1er février, elle se sont encore dégradées le dimanche, avec des rafales à 80 km/h.