Le « Geo Caribbean » fait partie des six navires sismiques sur lesquels travaillaient des officiers français de Louis Dreyfus Armateurs. Il se trouve à quai à Dunkerque depuis septembre dernier. (Photo : Alain Simoneau)
Le « Geo Caribbean » fait partie des six navires sismiques sur lesquels travaillaient des officiers français de Louis Dreyfus Armateurs. Il se trouve à quai à Dunkerque depuis septembre. (Photo : Alain Simoneau)

Un projet de plan social chez Louis Dreyfus Armateurs

Quarante-six officiers sont visés par un plan de sauvegarde de l’emploi en cours de négociation chez Louis Dreyfus Armateurs. Le projet fait suite à la décision du groupe CGG de désarmer six navires sismiques sous pavillon français gérés par GeofieLD, filiale commune de CGG et Louis Dreyfus Armateurs créée en 2013.

Ce projet de plan de sauvegarde de l'emploi a été présenté en comité d’entreprise le 10 décembre. La procédure étant en cours, la direction de Louis Dreyfus Armateurs ne communique pas sur son contenu. Elle se borne à indiquer que son objectif est de « limiter les conséquences pour l’emploi » de l’arrêt de la flotte gérée par GeofieLD.

82 officiers français étaient embarqués sur ces navires, soit près de 20 % des effectifs d’officiers de la compagnie. Aujourd’hui, après des départs et la fin de certains contrats, le sureffectif est de 46 navigants. Selon nos informations, plusieurs mesures sont à l’étude pour le résorber.

Un plan de départs volontaires comportant une indemnisation est ainsi prévu. Des mesures de rétrogradation seraient également envisagées. À titre d’exemple, un commandant pourrait se voir proposer de redevenir second.

 

Double enjeu

 

Enfin, le recours au temps partiel fait partie des pistes à l’étude. Mais il faut pour cela que la direction du travail concernée, en l’occurrence celle de Suresnes (Hauts-de-Seine), donne son aval. Cela n’a rien d’acquis. Les textes régissant l’Énim n’autorisent pas actuellement le temps partiel dans la marine marchande.

Au terme du processus, si les mesures prises ne permettent pas de résorber le sureffectif, la compagnie devra recourir à des licenciements économiques.

L’enjeu est double, à la fois social et économique. D’une part, il s’agit d’éviter dans la mesure du possible des licenciements qui seraient une première chez Louis Dreyfus Armateurs. D’autre part, il faut s’efforcer de préserver les compétences nécessaires pour faire à nouveau naviguer des navires sismiques sous pavillon français quand le marché le permettra. Sinon, cette filière d’excellence risque de disparaître à jamais.