Eurotunnel souhaite mettre en vente le fonds de commerce MyFerryLink, mais sera-t-il autorisé à céder les navires? (Photo Alain Simoneau)
Eurotunnel souhaite mettre en vente le fonds de commerce MyFerryLink, mais sera-t-il autorisé à céder les navires? (Photo Alain Simoneau)

Eurotunnel perd en appel à Londres et veut vendre MyFerryLink

Le vendredi 9 janvier, le Tribunal d’appel de la concurrence britannique, saisi par Eurotunnel et la Scop des anciens de Seafrance, a maintenu la décision du 27 juillet 2014 de la Competition and markets authority (CMA) interdisant aux navires exploités sous la marque MyFerryLink d'accoster à Douvres.

La CMA interdit à Eurotunnel l’exploitation d’une flotte sur le détroit, considérant que la création de MyFerryLink est en réalité une reprise déguisée de la compagnie SeaFrance liquidée, cela créant un acteur dominant sur le marché.

L’interdiction d’exploiter pour Groupe Eurotunnel, en pratique d’entrer au port de Douvres avec des ferries, interviendra six mois après une notification de la CMA. Selon Raphaël Doutrebente, directeur général adjoint de la scop, cette notification ne sera pas signifiée avant la semaine prochaine. Ce qui laisse à Eurotunnel et à la scop jusqu’à mi-juillet environ pour trouver une solution.

500 salariés dans l'attente

La Scop interjettera appel devant la Court of appeal of England and Wales, instance de droit commun. Cette procédure suppose un délai souvent long. De son côté, Eurotunnel renonce à poursuivre sur le terrain juridique, et annonce son intention de "chercher un repreneur pour la compagnie MyFerryLink", pour "valoriser le travail effectué".

Eurotunnel veut donc vendre le fonds de commerce MyFerryLink et cette marque qu’il a créée, estimant que la compagnie est viable. Elle a transporté près de 450 000 camions et 350 000 voitures en 2014, et a ainsi "atteint ses objectifs", estime Eurotunnel. Après le retrait d’un navire de DFDS sur la route Calais-Douvres, MyFerryLink détient 12 % du marché du fret du détroit.

Reste que ce fonds de commerce est lié aux trois navires de la flotte, les Rodin, Berlioz et Nord-Pas-de-Calais, acquis auprès du tribunal de commerce sous condition de ne pas les vendre avant juillet 2017. Jacques Gounon estime-t-il possible une levée de cette interdiction ? Sans doute des contacts ont-ils été pris au cours de l’année 2014. Les 500 salariés de la Scop attendent d’en savoir plus.

Le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies estime la décision britannique "profondément injuste" et en appelle à la "responsabilité des acteurs", qu’il s’apprête à réunir dans la semaine. Son prédécesseur et maire de Boulogne Frédéric Cuvillier souhaite la mise en place d’une "commission intergouvernementale" pour générer des "solutions respectueuses de la liberté d’entreprendre et du droit d’accès aux ports transmanche".