Le « Viking », qui braconnait la légine, a été coulé en Indonésie. (Photo : Gary Stokes, Sea Shepherd)
Le « Viking », qui braconnait la légine, a été coulé en Indonésie. (Photo : Gary Stokes, Sea Shepherd)

Pêche illégale : 5,3 millions d’euros d’amende en Espagne

L’Espagne impose une amende globale de 5 270 002 euros à six entreprises et six personnes pour pêche illégale. L’opération Sparrow 2 a mis à jour un réseau pour dissimuler et gérer deux navires pratiquant la pêche illégale en Antarctique (à la légine) ou Atlantique sud-est, les Viking et Seabull 22.

Ces navires avaient été inscrits en 2010 sur la liste communautaire des navires de pêche illégale, après identification par la CCAMLR (Commission pour la conservation des ressources marines vivantes de l'Antarctique) et la Cipase (Commission internationale des pêches dans l'Atlantique sud-est). Mais leur activité a été poursuivie sous des sociétés prête-noms de diverses nationalités, en renommant les navires : le Viking a eu 11 autres noms (Octopus I, Berbeer Serpent, Pion, Oiseau, Lim Chu, Yin Peng, Thor 33, Ulysse, Gale, South Boy et Poissons) et le Seabull 22, au moins 7 autres noms (Itziar II, Carmela, Dragon d’or, Goldel Soleil, Notre-Dame, Mare et Mare Serenitatis).

L’opération a notamment conduit à des perquisitions au siège de plusieurs entreprises fin juillet 2015. Grâce à la coopération internationale, indique le ministère espagnol en charge de la pêche, les navires ne sont plus opérationnels : le Viking a été coulé par les autorités indonésiennes au large de ses côtes et le Seabull 22 a été mis au rebut au Cap-Vert.

 

Amende maximale

 

Les entreprises sanctionnées sont : Capensis Trade, World Ocean Fishing, Insuabela, Baymarten Inversions, Global Sea Trading et Lastiff. Les amendes oscillent entre 100 000 et 600 000 euros, la peine maximale, infligée aux entreprises Capensis Trade, World Ocean Fishing et Insuabela. Les sociétés sont par ailleurs interdites d’activités de pêche pour 5 à 14 ans, et privées de subventions publiques pour 5 à 12 ans. De plus, les sanctions à l’encontre des six responsables ou propriétaires totalisent 2,8 millions d’euros. Une septième personne est condamnée à une amende de 60 000 euros pour entrave à la justice et destruction de documents.

 

Fermeté

 

L’Espagne clôt ainsi l’opération Sparrow 2, dans les pas de l’opération Sparrow, qui avait conduit fin 2016 à des pénalités atteignant 17 millions d’euros pour sept entreprises et leurs propriétaires, et des interdictions de pêche de 5 à 23 ans, pour l’exploitation des navires pirates célèbres Kunlun, Yongding, Songhua et Tiantai. Ces actions, souligne le ministère, « démontrent la volonté ferme de l’Espagne de lutter contre la pêche illégale, en contrôlant les navires battant pavillon espagnol, ses eaux, ses ports et ses importations de produits de la pêche en provenance de pays tiers » et en utilisant « tous les instruments du droit espagnol, communautaire et international » pour éviter que ses ressortissants, personnes physiques ou morales, ne s’impliquent dans la pêche illégale.

Solène LE ROUX

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