• « Floating Life », en Inde, nous montre les efforts désespérés d’une communauté vivant sur le lac Loktak, d’où elle est chassée.
    « Floating Life », en Inde, témoigne des efforts désespérés d’une communauté vivant sur le lac Loktak, d’où elle est chassée.
  • « Des lois et des hommes » suit le parcours de John O’Brien de son île au nord de l’Irlande aux bancs du Parlement européen pour défendre des droits spécifiques aux insulaires, très dépendants de la pêche.
    « Des Lois et des hommes » suit le parcours de John O’Brien de son île au nord de l’Irlande aux bancs du Parlement européen pour défendre des droits spécifiques aux insulaires, très dépendants de la pêche.
  • Remise des prix à l’issue du festival qui durant une semaine a diffusé une trentaine de films dans la région de Lorient à quelque 2 500 spectateurs. (Photo : Anne Criscuolo Keroullas)
    Remise des prix à l’issue du festival qui, durant une semaine, a diffusé une trentaine de films dans la région de Lorient à quelque 2 500 spectateurs. (Photo : Anne Criscuolo Keroullas)

La défense de droits ancestraux au cœur du festival Pêcheurs du monde

Que ce soit sur une île en Irlande, sur la côte caribéenne colombienne, ou encore en Inde… des familles vivant de la mer luttent pour garder leur droit à pêcher ou tout simplement leur place sur leur territoire. Le festival international de films Pêcheurs du monde a primé le dimanche 19 mars un cinéma engagé, à leurs côtés.

Dans Des Lois et des hommes, prix du long métrage (jury professionnel), le réalisateur Loïc Jourdain accompagne durant huit ans l’Irlandais John O’Brien dans son combat pour que les îliens continuent de pêcher saumon et cabillaud. Combat citoyen mené sur deux fronts, national et européen, qui montre la complexité et la lourdeur de la machinerie réglementaire. Si l’issue positive donne espoir, les ennuis sont loin d’être tous écartés pour sa communauté de pêcheur…

Le jury jeunes a primé le long métrage Nueva Venecia, belle histoire d’un petit village sur l’eau qui se reconstruit, résiste, face aux difficultés. Il y a plus de résignation, et d’inquiétude, quand on embarque avec un équipage boulonnais dans le court métrage primé par les deux jurys, Sale Temps pour le chalut. L’incohérence voire l’absurdité de règlements comme le zéro rejet saute aux yeux à travers le vécu des marins.

Le prix Chandrika Charma récompense Floating Life (Inde), où une communauté de pêcheurs est expulsée de ses huttes sur des îles flottantes sur le lac. Là, pas d’espoir, mais de l’indignation, avec les femmes, les transformatrices du poisson, en première ligne pour résister avec acharnement. Enfin, des mentions spéciales saluent Nocturnum Delirium, un film audacieux voire brutal sur le traitement des produits de la mer ; et Dans leurs yeux, réalisé à partir de films amateurs de marins, témoignages de leurs vies en mer, en escale, et de leur envie de partage.

Ce festival a encore montré son ouverture sur le monde, avec une grande qualité et diversité de films, tantôt expérimentaux, créatifs, poétiques, ou davantage dans l’investigation ou le reportage. Et la richesse des regards croisés entre cinéastes et gens de mer. Avec environ 2 500 spectateurs, l’organisation souligne « un bilan de fréquentation très satisfaisant », à la hausse pour cette 9édition marquée par les échanges entre réalisateurs et public.

Solène LE ROUX