Les captures accessoires de bar autorisées en zone nord ouvrent la voie aux fraudes, dénoncent les ligneurs de la Pointe de Bretagne. (Photo : Lionel Flageul)
Les captures accessoires de bar autorisées en zone nord ouvrent la voie aux fraudes, dénoncent les ligneurs de la Pointe de Bretagne. (Photo : Lionel Flageul)

Les ligneurs dénoncent des fraudes sur le bar en zone nord

Les captures de bar au nord de la pointe du Raz sont actuellement interdites aux ligneurs (en février-mars), et limitées aux captures accessoires, plafonnées, pour les autres métiers (toute l’année). Mais « de très nombreux témoignages de fraudes nous parviennent », alerte l’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne. La plateforme de la petite pêche a lancé une pétition pour l’application d'un moratoire hivernal de la pêche du bar en Atlantique.

L’association des ligneurs de la Pointe de Bretagne cite ainsi des « chalutiers hauturiers, appartenant notamment à un gros armement de Bretagne nord, qui capturent du bar en Manche puis descendent en dessous du 48e pour réaliser une déclaration de pêche fictive ». Mais aussi du transfert de bar entre navires afin de respecter le pourcentage de capture autorisé, de la vente de bar en filet au marché noir… Les ligneurs déplorent que le moratoire européen, total pour eux en février et mars, ne soit pas strict pour les autres métiers : les captures accessoires autorisées ouvrent la porte aux fraudes venant anéantir les efforts de gestion. « Le niveau de contrôle en mer et à terre des captures de bar est largement insuffisant », dénonce l’association, dont les demandes de contrôle auprès des autorités « sont restées sans effets ».

De leur côté les ligneurs constatent des captures en fortes baisses en 2016, « tant en Manche que dans le golfe de Gascogne ». Lors des mois propices, comme au printemps, elles ont rarement dépassé les 30 ou 40 kg par jour contre 100 kg il y a quelques années. Face à cette baisse de ressource, l’association appelle à rendre obligatoire dans le golfe de Gascogne le repos biologique hivernal que s’imposent déjà ses adhérents. Rappelons que les pêcheurs plus au sud dans le golfe de Gascogne ont un point de vue différent, notamment les Cotinards et Ogiens qui eux ont constaté une hausse des ressources en 2016.

Enfin, l’association dénonce des injustices dans l’accès aux espèces sur lesquelles ses pêcheurs veulent se reporter, mais qui sont sous quota : lieu jaune, maquereau, merlan, licence thon rouge. Les ligneurs appellent le gouvernement à veiller à « la répartition équitable des quotas et des droits de pêche ». Et pointent le risque pour beaucoup de perdre leur licence bar, accordée uniquement aux navires ayant débarqué plus d’une tonne dans l’année : un système récompensant « ceux qui pêchent le plus au détriment des pêcheurs les plus responsables ».

 

Ajouts 27 février : lettre à la grande distribution ; réaction de pêcheurs du golfe de Gascogne

 

Les ligneurs bretons ont par ailleurs écrit à la grande distribution pour lui demander de cesser de vendre du bar sauvage en période hivernale (courrier ci-dessous). Tandis que des pêcheurs de la Cotinière, loin de voir une raréfaction de la ressource, ont réagi pour témoigner d’un doublement des captures, réalisées en majorité à la palangre.

 

Ajout 8 mars : pétition pour l’application d'un moratoire hivernal de la pêche du bar en Atlantique

 

Suite à ce courrier, l’association des ligneurs a « reçu de très nombreux soutiens et encouragements, ainsi que plus de 450 000 vues sur notre page Facebook ». La plateforme de la petite pêche y voit « l’intérêt des citoyens pour une pêche durable ». Elle a ainsi lancé une pétition pour soutenir sa demande et demander l’application du repos biologique en février/mars pour le bar sur toute la façade Atlantique. Elle invite toutes les enseignes mettant déjà en œuvre des mesures d’interdiction de vente du bar durant la période de février/mars à le faire savoir ainsi que l’ensemble des élus, candidats et décisionnaires à soutenir son action. Ce mercredi 8 mars, le nombre de signatures dépassait les 1 200.