Le chalutier de fond « Les Hanois », de l’armement Capam, était annoncé à la vente à Cherbourg ce jeudi 28 janvier avec 2,6 tonnes de bar. (Photo : Jean Lavalley)
Le chalutier de fond « Les Hanois », de l’armement Capam, était annoncé à la vente à Cherbourg ce jeudi 28 janvier avec 2,6 tonnes de bar. (Photo : Jean Lavalley)

Bar : les chalutiers de fond ignorent le moratoire et l’assument

Si les pélagiques ont fait momentanément une croix sur le bar, ce n’est pas le cas des chalutiers pratiquant le chalut de fond, en dépit du moratoire sur le stock nord décidé en décembre par le Conseil des ministres européens de la pêche, et qui doit s’appliquer au 1er janvier.

Sous la criée de Cherbourg, 18 tonnes de bars ont ainsi été vendues aux enchères depuis le début de l’année. « C’est le même niveau que l’an passé à la même époque », confirme son directeur Marc Delahaye. Dans le même temps, seulement 2 tonnes de bars de ligne ont été vendues. « Tout se fait dans la transparence, les hauturiers estimant qu’il y a un vide juridique », explique-t-il.

« Quand on tue les gens... » Daniel Lefèvre, à la fois président du comité régional des pêches de Basse-Normandie et président de la Capam, une coopérative d’armement avec trois hauturiers, estime que le moratoire ne s’appliquera que lorsque le règlement sera paru au Journal officiel de l’Union européenne. « Puisqu’il est pour le moment en notre faveur, on ne va pas se gêner pour l’interpréter ! »

Une position qui fait bondir les ligneurs, fortement impactés par le passage de 36 à 42 cm de la taille minimale du bar. Le ministère de son côté indiquait récemment au marin (notre news précédente) qu’il s’agissait d’« un règlement d’application directe ».

AJOUTS

La plateforme de la petite pêche artisanale française, dans un communiqué ce jeudi 28 janvier, dénonce l’attitude de Daniel Lefèvre et réclame sa démission de ses mandats. Elle a « la conviction que cette fraude inadmissible se fait sous la protection tacite des autorités françaises ». Le secrétariat d’État à la pêche ayant bien précisé que la réglementation était applicable au 1er janvier 2016, elle demande que « l’ensemble des armements et des acteurs impliqués dans cette pêche illégale soient sanctionnés ».

L’association des ligneurs de la pointe de Bretagne a écrit ce jeudi 28 janvier aux directeurs des criées de Roscoff, Cherbourg, Port-en-Bessin et Boulogne. Pour elle, les criées revendant du bar de chalut du stock nord en ce mois de janvier s’associent à des pratiques délictueuses. Elle pourrait réclamer « une enquête pour recel et blanchiment de pêche illégale » à leur encontre.