Des femmes pêcheurs, une image rare, car dans beaucoup de pays leur présence sur un bateau est tabou. (Photo de couverture de l’étude « The role of women in the seafood industry »).
Des femmes pêcheurs, une image rare, car dans beaucoup de pays leur présence sur un bateau est tabou. (Photo de couverture de l’étude « The role of women in the seafood industry »).

La moitié des travailleurs de la mer sont des travailleuses

Les femmes occupent 47 % des emplois dans les produits de la mer, au niveau mondial. C’est ce que révèle la FAO, dans une étude présentée le 19 mai. Elles participent à tous les maillons de la filière : pêche (de façon limitée), aquaculture, commercialisation, gestion, administration… Mais on les retrouve peu aux postes hiérarchiques !

Elles sont souvent « invisibles, mal payées mais indispensables à la filière », souligne Marie-Christine Monfort, qui a réalisé l’étude. Elle a examiné la situation dans six pays : Croatie, Égypte, France, Islande, Inde et Sénégal. Le manque généralisé de considération pour leur rôle et leur travail les désavantage et leur empêche finalement de participer pleinement et équitablement à cette filière, pointe la FAO.

Des règles culturelles fortes, des conventions sociales ou des lois discriminatoires limitent leur participation, notamment leur présence à bord des navires de pêche. Avec des grandes disparités : les femmes ne représentent que 1 % des pêcheurs en France contre 12 % en Islande ! Et, au Sénégal, presque tous les mareyeurs sont des mareyeuses.

 

Encore beaucoup de travail effectué dans le cadre familial

 

Elles sont aussi parfois exclues de la propriété d’une ferme aquacole, ou écartées des services de finances et assurances, limitant leur accès aux capitaux et donc leur capacité à investir. Et réalisent encore souvent un travail non payé, non déclaré, dans le cadre familial, même si en France la création du statut de conjointe-collaboratrice a bien amélioré la situation.

Vingt ans après la conférence mondiale sur l’égalité des sexes à Pékin, des efforts supplémentaires doivent être faits dans la plupart des pays, en développement comme développés, par les acteurs privés comme publics, estime la FAO.

Cette étude met aussi en évidence le manque d’information à ce sujet dans de nombreux pays côtiers, dont la France, car curieusement l’information est plus fournie à ce sujet en Inde ou au Sénégal. « L’attention portée aux femmes, très présente aux Nations unies, pointe son nez à Bruxelles », observe Marie-Christine Monfort. La Commission européenne met en effet l’accent sur l’importance de l’équité femmes - hommes dans l’attribution des nouveaux fonds du Feamp. Ainsi, « mieux comprendre cette dimension va devenir une priorité ». Et cette attention « descend lentement mais sûrement dans nos filières, pour plus de visibilité, de reconnaissance et d’équité ».

Accès au site de Globefish diffusant l’étude

(coût 30 euros, gratuit pour certaines structures)