« Le conseil d’administration d’Areva a décidé d’autoriser la direction à exercer l’option de cession à Gamesa de sa participation dans Adwen signée le 17 juin 2016 », a précisé le groupe le 15 septembre au matin. (Photo : Adwen)
« Le conseil d’administration d’Areva a décidé d’autoriser la direction à exercer l’option de cession à Gamesa de sa participation dans Adwen signée le 17 juin 2016 », a précisé le groupe le 15 septembre au matin. (Photo : Adwen)

Éolien en mer : Areva vend ses parts dans Adwen à Gamesa

Le suspense autour de l’avenir d’Adwen, la coentreprise dans l’éolien offshore créée en 2015, par Areva et Gamesa, a pris fin. Le mercredi 14 septembre, le conseil d’administration du groupe nucléaire français a validé la vente de ses 50 % de participation dans l’entreprise à la société espagnole, a confirmé Areva le 15 septembre dans un communiqué. Une cession dont la prochaine étape sera l’intégration des actifs d’Adwen dans la nouvelle entreprise formée par Siemens et Gamesa, en cours de fusion de leurs activités dans l’éolien.

Les trois mois de délai obtenus par Areva en juin auprès du tandem germano-espagnol, pour trouver un repreneur à 100 % d’Adwen, n’auront donc pas permis d’aboutir dans cette recherche. Si GE a déposé, fin août, une offre de reprise, celle-ci a été jugée « insuffisante ». Le groupe américain n’a pas ensuite surenchéri pour remporter la mise. L’allemand Senvion, second et dernier candidat en lice, n’a pas dépassé, quant à lui, le stade de la déclaration d’intérêt.

Reste désormais aux autorités européennes de la concurrence à accepter la mainmise de Siemens-Gamesa sur Adwen. Avec 63,5 % des éoliennes offshore installées en Europe à fin 2015, le groupe allemand domine déjà et de loin ce marché. « La question de la concurrence ne se mesure pas seulement en termes de parts de marché. Il y a la notion de compétitivité, d’innovation, de marché pertinent. Si c’est la France, Siemens et Gamesa sont à zéro », explique une source proche du dossier.

 

Engagements honorés ?

 

Le désengagement d’Areva d’Adwen pose aussi la question de l’avenir des deux usines et des 750 emplois directs promis au Havre par le groupe français pour construire les éoliennes des champs du Tréport, d’Yeu-Noirmoutier et de Saint-Brieuc, attribués dans le cadre des premier et second appels d’offres du gouvernement pour l’éolien en mer. Des parcs pour lesquels Adwen est associé à Engie pour les deux premiers et Iberdrola pour le dernier. Au demeurant, Siemens l’a dit et répété, l’entreprise honorera tous les engagements pris par Areva dans ces dossiers.

« Ce que je ne voudrais pas dans ces dossiers liés à l’éolien en mer, c’est que la Normandie ait les éoliennes, mais pas les usines ni les emplois… Et j’observe que l’avenir est très incertain, en dépit des engagements pris par les repreneurs et par l’État, précise Hervé Morin, le président du conseil régional de Normandie. Au bout du compte, c’est clairement Siemens qui prend la main. Siemens n’est pas une entreprise française et vient d’ouvrir en Angleterre une énorme usine dédiée à l’éolien offshore. Il risque donc d’avoir des capacités industrielles largement suffisantes pour satisfaire les besoins français, qui sont sur les trois parcs concernés par Areva de 186 éoliennes… »

 

Quid de la 8 MW d’Adwen ?

 

À Cherbourg, Alstom-GE doit installer une usine d’équipement des mâts et son partenaire LM Wind Power une usine de production de pales, soit 500 emplois directs… Pour Hervé Morin, les inquiétudes se font aussi sentir. « La problématique générale est qu’une usine doit avoir un plan de charge. Des discussions que j’ai pu avoir m’amènent à penser que LM Wind considère que ce plan de charge ne peut être assuré que par un volume suffisant. Si Siemens va faire ses pales ailleurs, quel est l’avenir d’une usine à Cherbourg au-delà des 240 éoliennes à équiper pour GE ? Rien n’est encore figé actuellement. Nous n’avons pour le moment que des promesses. »

« La Normandie première région européenne productrice d’énergie offre tous les atouts pour accueillir ces usines, ces technologies et ces emplois. Je continuerai, comme je le fais depuis des mois, à veiller à ce que les engagements soient tenus », conclut Hervé Morin.

L’avenir de l’éolienne de 8 MW développée par Adwen semble un peu moins clair. Siemens est en effet en train de mettre au point sa propre turbine de 8 MW et les deux machines n’utilisent pas la même technologie. Là où Siemens a misé sur un système à entraînement direct, Adwen a privilégié une boîte de vitesses.