Le nouvel appel d’offres pour l’éolien en mer posé au large de Dunkerque sera lancé selon une nouvelle procédure. (Photo : DR)
Le nouvel appel d’offres pour l’éolien en mer posé au large de Dunkerque sera lancé selon une nouvelle procédure. (Photo : DR)

Éolien : lancement surprise d’un 3e appel d’offres au large de Dunkerque

Il n’aura donc pas fallu attendre la fin de la semaine pour attendre les annonces du gouvernement quant à sa politique pour la croissance bleue et le climat. Alors que doit se tenir, le vendredi 8 avril, à Paris, la deuxième conférence nationale de la mer et des océans où le programme laisse à penser qu’il sera notamment question de l’appel à projets sur l’éolien flottant, clos en ce début de semaine, Ségolène Royal a pris les devants.

La ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, a annoncé, le lundi 4 avril, le lancement du troisième appel d’offres pour l’éolien offshore posé. L’effet de surprise est réussi. Cet appel d’offres n’était attendu au mieux que pour le troisième trimestre 2016. Le gouvernement avait, de plus, pris plutôt l’habitude de repousser les échéances quand il s’agissait de fixer le cap de sa politique en matière d’énergies marines renouvelables.

 

Nouvelles modalités

 

Avec l’annonce du lancement de l’appel d’offres, Ségolène Royal en a aussi précisé la zone. Il s’agira d’un secteur au large de Dunkerque. « Zone identifiée comme présentant des conditions favorables à l’implantation d’éoliennes en mer posées », indique le ministère qui ne manque de préciser dans le titre de son communiqué le soutien « des élus du territoire » à un projet de parc offshore au large de leur côte.

Le ministère confirme, par ailleurs, que ce nouvel appel d’offres sera lancé selon de nouvelles modalités « visant à réduire les coûts et à simplifier les procédures ». L’instauration du « dialogue concurrentiel » pour permettre d’échanger avec les candidats au cours de la procédure est l’un de ses nouveaux éléments. Les services de l’État seront aussi désormais en charge de conduire les études pour la levée des risques liés au vent, à la houle, à la profondeur et à la composition des sols durant la procédure.

 

« Pas à la hauteur »

 

Des points qui expliquent pourquoi l’annonce de l’appel d’offres ne précise pas la puissance en mégawatts (MW) du futur parc, estimé toutefois aux alentours de 500 MW. La dernière disposition concernant l’attribution de la concession d’occupation du domaine public maritime en même temps que l’appel d’offres est là pour accélérer la mise en œuvre du parc après la désignation du lauréat.

« Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Le signal délivré par cet appel d’offres entretient la dynamique de projets nécessaire à la structuration de la filière. Mais son volume ne semble pas être à la hauteur des enjeux industriels et de la baisse des coûts dans l’éolien offshore qui nécessite une visibilité plus importante », indique Damien Mathon, le secrétaire général du Ser.

La crainte pour la filière est que cet appel d’offres constitue le dernier acte de ce gouvernement en faveur de l’éolien offshore posé d’ici les élections présidentielles en 2017. Avec 500 MW, on serait alors dans le bas de la fourchette évoquée dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie toujours en discussion.