Pour Philippe Magaldi et Jean-Luc Longeroche, cofondateurs de Geps techno, le démonstrateur PH4S est une première étape vers de plus vastes projets autour de l’autonomie en mer. (Photo : Véronique Couzinou)
Pour Philippe Magaldi et Jean-Luc Longeroche, cofondateurs de Geps techno, le démonstrateur PH4S est une première étape vers de plus vastes projets autour de l’autonomie en mer. (Photo : Véronique Couzinou)

Saint-Nazaire : Geps techno met à l’eau le premier pilote multi-énergie

Créée en 2011 à Saint-Nazaire par trois ingénieurs de STX France, l'entreprise Geps techno (sept salariés, et le double d’ici un an) vient de mettre à l’eau un pilote hybride quatre sources (PH4S), parti ce vendredi 17 juillet vers le site d’essai de l’Ifremer, à Brest. Il s’agit de la première bouée combinant les énergies de la houle, du courant, du vent, et du soleil.

L’engin de 9,50 mètres de haut, 6 mètres de long et 3,50 mètres de large (6 kW installés) sera testé en mer pendant un an afin d'identifier les systèmes les plus performants à combiner pour limiter au maximum l’intermittence. Pour le créer, Geps techno s’est appuyé sur des partenaires de choix : l’Icam de Carquefou pour les bancs de simulation, le service R&D technologique de l’Ifremer Brest, STX France et Mecasoud. Avec le soutien financier de BPI France et de la région Pays de la Loire, sous forme de subventions et avances remboursables (300 000 euros au total).

 

Gagner en autonomie

 

L’objectif principal : l’autonomie énergétique en mer grâce à un outil relativement simple à utiliser. Ce qui répond à un vrai besoin pour de nombreux acteurs maritimes. « On est notamment en contact avec DCNS qui a mis en stand-by un projet, tenu secret, parce qu’il ne trouve pas de système permettant d’être assez autonome en mer », souligne Jean-Luc Longeroche, président et cofondateur de Geps techno.

Autres possibilités d’applications : les parcs aquacoles et fermes de microalgues, ou encore des bases scientifiques éloignées « qui seraient très intéressées par un module stable pour récupérer l’énergie de la houle et du vent ». L’oil&gas et les petites îles qui veulent développer leur autonomie offrent aussi des champs de prospection. Le PH4S est d’ailleurs une étape dans le processus de R&D, pour arriver à une plate-forme plus importante, le MLiner 60. Une campagne de financement participatif a été lancée début juin pour ce projet de démonstrateur de 10 MW.

 

Premiers contrats

 

En attendant, Geps techno engrange déjà des contrats autour de deux axes, en s’appuyant sur ses premiers essais depuis 2012 : d’abord, Octopusea pour alimenter en énergie les plates-formes d’essais, bouées scientifiques et industrielles à partir de la houle. Jean-Louis Étienne a donné son accord de principe pour embarquer un module Octopusea pour améliorer son autonomie énergétique sur le projet Polarpod.

Ensuite, la société d’ingénierie a mis au point un système de stabilisation des navires ou plates-formes flottantes, auquel on peut ajouter un récupérateur d’énergie issu du roulis pour consommer moins. Elle vient de signer avec le chantier Socarenam de Boulogne-sur-Mer pour le contrat des deux nouveaux patrouilleurs légers guyanais, commandés en décembre 2014 par la direction générale de l’Armement pour la Marine nationale.

Enfin, Geps techno a reçu un avis favorable du programme des investissements d’avenir de BPI France pour l’aide au financement de deux systèmes témoins qui lui permettront d’aller chercher des marchés : une plate-forme houlomotrice autonome de 100 kW et 18 mètres de diamètre, avec stockage intégré, testée sur le site Sem-Rev au large du Croisic fin 2016, et un stabilisateur passif à récupération d’énergie installé sur le navire Thalassa de l’Ifremer à partir de février 2016.