L'annonce du nouveau gouvernement, où la mer n'apparait clairement dans aucune des attributions ministérielles, suscite déception et interrogation au sein des différentes filières maritimes. (Photo: Solène Leroux)
L'annonce du nouveau gouvernement, où la mer n'apparaît clairement dans aucune des attributions ministérielles, suscite déception et interrogation au sein des différentes filières maritimes. (Photo : Solène Le Roux)

Nouveau gouvernement : le monde maritime déçu

L’annonce de la composition du premier gouvernement d’Édouard Philippe, le mercredi 17 mai, a suscité une déception assez forte chez plusieurs acteurs de premier plan du maritime, car le mot même de la mer a disparu complètement des attributions ministérielles. Si bien que plusieurs secteurs ne savaient pas encore à quel ministère ils seront, ensemble ou séparément, rattachés.

« Où est la mer dans le gouvernement ? »,  s’interroge dans un tweet François Lambert, nouveau délégué général du Gican (Groupement des industries de construction et d'activités navales) après avoir été jusqu’au 1er mai conseiller du secrétaire d’État chargé de la mer. « Où est l’économie maritime ? », renchérit le président du Cluster maritime français (CMF), Frédéric Moncany de Saint-Aignan, également dans un tweet.

« Une inquiétude unanime : la mer serait-elle, une fois de plus, la grande oubliée du gouvernement ? », demande de son côté le président de l’Association nationale des élus du littoral (Anel), Jean-François Rapin, dans un communiqué (voir ci-dessous).

La sénatrice de Saint-Pierre et Miquelon Karine Claireaux, présidente du bureau du Conseil national de la mer et des littoraux, se félicite de la désignation d’Annick Girardin comme ministre des Outre-mer mais « regrette que la mer ait disparu des attributions ministérielles ».

À chaud, une partie de la filière maritime se montre donc nettement déçue.

 

La déception domine

 

Une déception d’autant plus forte sans doute qu’un nombre conséquent de personnes influentes dans le secteur maritime soutenaient plus ou moins ouvertement la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, se félicitaient du choix comme Premier ministre d'une personnalité très maritime, le député-maire LR du Havre Édouard Philippe, et se sentent sans doute, à l’annonce de la composition de ce premier gouvernement, un peu flouées.

« Malgré des personnalités dont la fibre maritime est incontestable au sein de ce gouvernement, au premier rang desquelles le Premier ministre ou encore Jean-Yves Le Drian et Annick Girardin, il est difficile de déchiffrer les intentions de l’exécutif en ce qui concerne l’économie bleue, dont nous savons qu’elle constitue le levier de croissance de notre pays », souligne dans un communiqué (voir ci-dessous) le CMF, qui indique clairement : « Pour les acteurs de l’économie maritime, le moins que l’on puisse dire est que le premier sentiment qui domine est la déception. »

« La mer c'est le transport maritime, la pêche, la navale, le nautisme, les ports... un million d’emplois directs et indirects sans ministère dédié », ajoute François Lambert dans un autre tweet.

Dans un communiqué (voir ci-dessous) intitulé « La mer abandonnée », la Fédération française des ports de plaisance (FFPP) « alerte les autorités sur la nécessité de la prise en compte de toutes les activités liées à la mer contribuant au développement économique et social du pays ».

A l'inverse, Armateurs de France salue dans un communiqué (voir ci-dessous) la nomination d’Elisabeth Borne en tant que ministre chargée des transports auprès de Nicolas Hulot ministre d’Etat chargé de la transition écologique . Pour Jean-Marc Roué, président d’Armateurs de France : « La création d’un portefeuille ministériel alliant transition écologique et transports est un signal positif en direction de l’innovation technologique et du développement économique durable de notre pays ».

 

Nombreuses interrogations

 

La disparition du mot mer dans les attributions ministérielles suscite beaucoup d'interrogations, les différents secteurs du maritime ne sachant pas clairement à quel ministère ils seront à terme rattachés. Il s’agit néanmoins d’un gouvernement provisoire qui sera peut-être amené à être révisé, voire complété, d’ici, puis après le deuxième tour des législatives.

François Lambert dans un autre tweet, réagissant à la nomination d’Annick Girardin comme ministre des Outre-Mer suggère déjà : « Une grande spécialiste de la mer à l’Outre-Mer : une occasion unique de construire un grand ministère de la Mer et des Outre-mer. »

Content en revanche, France nature environnement salue dans un communiqué la nomination de Nicolas Hulot à la transition écologique « un homme de conviction, issu de la société civile, qui a déjà beaucoup œuvré pour faire connaître l’urgence écologique ».

 Alexandra TURCAT


Nouvelles réactions le 18 mai

Réaction d'Alain Cadec, président de la commission de la pêche du Parlement européen : « La mer tombe à l’eau ! Le gouvernement n’a que faire de la croissance bleue, qui est pourtant une des clés de la compétitivité de notre pays. Rien sur la pêche, les ports, le transport maritime ou le nautisme. Oublier la mer est une faute. C’est mépriser la tradition maritime de la France, qui est présente sur tous les océans avec le deuxième espace maritime mondial. Un pays qui ignore la mer est condamné à couler. »

 Le syndicat des énergies renoulevables exprime «
son immense satisfaction », face à la nomination de Nicolas Hulot comme ministre d’Etat, ministre de la transition écologique et solidaire. Il rappelle que le programme d'Emmanuel Macron pour les énergies renouvelables le satisfait pleinement.