La barge semi-submersible norvégienne « Eide Barge 33 » de 110 mètres de long a rompu sa remorque pour commencer à dériver à proximité du champ de Wahall. (Photo : Eide Marine)
La barge semi-submersible norvégienne « Eide Barge 33 » de 110 mètres de long a rompu sa remorque pour commencer à dériver à proximité du champ de Valhall. (Photo : Eide Marine)

Un mort et une catastrophe évitée dans l’offshore de la mer du Nord

La violente tempête qui a sévi en mer du Nord les 30 et 31 décembre a durement frappé l’activité offshore pétrolière et gazière. On déplore un mort – le premier du secteur depuis 2009 –, et deux blessés sur la plate-forme de forage chinoise COSL Innovator, qui travaillait pour le compte de Statoil sur le champ gazier Troll situé au large de Bergen, dans le secteur norvégien. La plate-forme a été violemment frappée par une très grosse vague dans l’après-midi du 30 décembre.

Les trois membres du personnel touchés, tous domiciliés en Norvège, se trouvaient dans des modules d’hébergement de la plate-forme qui s’était auparavant déconnecté de la tête de puits en raison de la tempête. La porte-parole de l’autorité norvégienne de sécurité du pétrole a confirmé des conditions météorologiques exécrables, avec « des vagues de 14 mètres et des rafales de vent de 25 à 30 mètres par seconde ». L’hélicoptère de secours n’a d’ailleurs pas pu se poser et c’est par hélitreuillage que 49 des 105 personnels de la plate-forme de forage ont été évacués.

Le lendemain, c’est sur un autre champ pétrolier norvégien – situé cette fois-ci au beau milieu de la mer du Nord – que s’est joué un autre scénario catastrophe. Tractée par un remorqueur de haute mer, la barge semi-submersible norvégienne Eide Barge 33 de 110 mètres de long a rompu sa remorque pour commencer à dériver à proximité du champ de Valhall, exploité par BP Norvège.
 

Fuite « massive » d’hydrocabures évitée

 
Ordre a aussitôt été donné d’évacuer en urgence les personnels de Valhall et de placer en état d’alerte maximale ceux des champs voisins d’Ekofisk et d’Eldfisk, situés plus au nord. À 12 h 15, la barge à la dérive dépassait finalement sans dommage le complexe de huit plates-formes interconnectées du champ de Valhall tandis que trois navires étaient dépêchés sur zone pour tenter de reprendre le contrôle de la barge.
 
« La barge est passée à environ un kilomètre des installations. Nous sommes passés très près de la catastrophe. On aurait pu avoir une fuite massive d’hydrocarbures avec des conditions de mer et une très mauvaise visibilité qui auraient sérieusement contrarié les opérations de secours », a estimé Jan Eirik Germo, porte-parole de BP Norvège.
 
Le champ de Valhall se situe à la limite des eaux britanniques par 70 mètres de profondeur d’eau. Il est entré en production en 1982. L’opérateur BP a entamé en janvier 2013 une nouvelle phase de développement, qui doit permettre de reculer la fin de production jusqu’en 2050. La production actuelle est de 50 000 barils de brut par jour.