Les moteurs Diesel du destroyer "USS Stockdale" fonctionnent grâce à un mélange de 90% de fuel conventionnel et de 10% de bio-carburant à base de graisse de bœuf. (Photo US Navy)
Les moteurs diesel du destroyer « USS Stockdale » fonctionnent grâce à un mélange de 90 % de fuel conventionnel et de 10 % de biocarburant à base de graisse de bœuf. (Photo : US Navy)

Le destroyer américain carbure à la graisse de bœuf

Il carbure à la graisse de bœuf. Le premier navire de combat américain à utiliser en opérations du biocarburant, le destroyer USS Stockdale, a appareillé le mercredi 20 janvier de la base aéronavale de North Island, en Californie.

L’USS Stockdale fait partie du groupe aéronaval déployé autour du porte-avions nucléaire USS John C. Stennis. Celui-ci expérimente le recours aux carburants alternatifs aux énergies fossiles, ce qui inclut l'énergie nucléaire, dans le cadre du programme de l’US Navy baptisé Great Green Fleet (la grande flotte verte).

Le secrétaire à la Marine, Ray Mabus, et le secrétaire à l’Agriculture, Tom Vilsack, ont salué le départ du premier groupe aéronaval « vert » de l’US Navy. Après la cérémonie, ils se sont rendus à bord du destroyer USS William P. Lawrence pour assister à un ravitaillement en mer en biocarburant depuis le pétrolier ravitailleur USNS Guadalupe.

 

Un pouvoir énergétique moindre

 

Le mélange alimentant les moteurs des navires d’escorte du porte-avions contient un biocarburant fabriqué à partir de la graisse de bœuf (ou suif) fournis par des agriculteurs du Midwest. « Il a été acheté à un prix compétitif », souligne l’US Navy, dans l’optique de faire des biocarburants une part de l’approvisionnement régulier des navires militaires américains.

La marine américaine a cependant revu ses ambitions à la baisse. Les navires de surface accompagnant le John C. Stennis vont utiliser un mélange composé de 90 % de fuel à base de pétrole et de 10 % de biocarburants, en majeure partie à base de graisse de bœuf. À l’origine, le projet visait à un mélange 50-50. Cette proportion a dû être revue car le pouvoir énergétique des biocarburants reste moindre que celui du fuel conventionnel.

L’US Navy affirme que les sources d’énergies alternatives, ce qui comprend aussi le solaire, pourrait lui fournir la moitié de l’énergie dont elle a besoin à l’horizon 2020. Selon elle, le recours aux biocarburants est susceptible de faire baisser sa facture énergétique. Il reste à savoir si ces perspectives restent bien d’actualité avec un prix du baril de pétrole qui a chuté aux environs de 30 dollars.