L'ancien commndant de la frégate furtive "La Fayette" est jugé suite au suicide du maître d'hôtel survenu en mer en juin 2010. (Photo archives Eric Houri)
L'ancien commndant de la frégate furtive "La Fayette" est jugé suite au suicide du maître d'hôtel survenu en mer en juin 2010. (Photo archives Eric Houri)

Un ancien commandant de la frégate "La Fayette" jugé pour harcèlement moral après le suicide d'un marin

Le procès d'un ancien commandant de la frégate La Fayette, poursuivi pour harcèlement moral après le suicide à bord d'un marin en 2010, a débuté lundi après-midi devant la chambre des affaires militaires du tribunal correctionnel de Marseille.

Le second maître Sébastien Wancke, un jeune homme de 32 ans originaire de Saône-et-Loire, avait été retrouvé, le 15 juin 2010, pendu à bord, alors que le bâtiment se trouvait au large de la Sicile.

D'après l'enquête, il faisait face à un "rythme et charge de travail écrasants". Sous ses ordres depuis un an et demi, il était "aux premières loges pour recevoir les brimades du commandant", estime l'avocat de sa famille, Me Jean-Jacques Rinck: en charge du carré du commandant, "il était son larbin".

Quelques jours avant son suicide, la victime avait reçu une note correcte, mais assortie d'une appréciation catastrophique, pointant "son absence d'investissement" et le décrivant comme "un maître d'hôtel désabusé".

L'officier de marine est aussi poursuivi pour des faits similaires à l'encontre d'un autre marin du La Fayette, un chef de cuisine, également partie civile.

Lors de l'instruction, les témoins ont fait état d'une "ambiance exécrable" et de "pressions permanentes" à bord du bâtiment. Les punitions pleuvaient tellement que la chaîne de commandement sous ses ordres ne les appliquait pas toujours. Signes de l'ambiance délétère, le refus par l'équipage de fêter le traditionnel franchissement de l'équateur et la rotation accélérée des effectifs à bord de ce bâtiment.

Dans une enquête interne, la Marine avait totalement disculpé le prévenu. Les faits reprochés datant de 2010, il encourt un an de prison et 15000 euros d'amende. Depuis, la loi a été modifiée et a porté la peine encourue pour des faits similaires à 2 ans et 30000 euros d'amende.