La Commission de la concurrence britannique interdit aux trois navires exploités par MyFerryLink de toucher Douvres, tant que les navires sont propriété d’Eurotunnel. (Photo Marc Ottini)
La Commission de la concurrence britannique interdit aux trois navires exploités par MyFerryLink de toucher Douvres, tant que les navires sont propriété d’Eurotunnel. (Photo Marc Ottini)

Transmanche : Londres interdit aux ferries d'Eurotunnel d'accoster à Douvres

La Commission de la concurrence britannique a rendu ses conclusions jeudi 6 juin. Celles-ci interdisent à Eurotunnel d’exploiter, à travers la Scop SeaFrance et sa filiale MyFerryLink, ses trois navires (Rodin, Berlioz, et Nord-Pas-de-Calais) sur la route Calais - Douvres pour une période de 2 ans prenant effet dans six mois.

S’y ajoute l’interdiction pour le groupe Eurotunnel d’utiliser les navires Berlioz et Rodin pour 10 ans. Eurotunnel dispose, selon ces conclusions, d’une période de temps limitée pour vendre les deux navires. Eurotunnel avait acquis les navires par décision du tribunal de commerce de Paris du 11 juin 2012.

La Commission de la concurrence britannique est restée sur sa position initiale. Il s’agit pour elle d’une fusion, qui réduit la concurrence sur le détroit et risque de faire augmenter les prix au détriment des clients. "Il ne peut pas être bon pour la concurrence qu'Eurotunnel, qui détient déjà une part de marché de plus de 40% (sur les liaisons transmanche), étende son activité aux ferries", estime Alasdair Smith, président du groupe d’enquête de la Commission.

Pour faire respecter cette décision, la Commission annonce l’interdiction pour les trois navires de toucher Douvres, tant que les navires sont propriété d’Eurotunnel. La décision définitive sera publiée après concertation suivant la publication de ces conclusions.

Eurotunnel fait appel

Eurotunnel fait appel de la décision. Le groupe estime que "cette décision ne repose sur aucun fait concret uniquement sur une conjonction aléatoire d’hypothèses virtuelles". La décision "organise de fait" un duopole sur le détroit (entre P[&]O Ferries et DFDS Seaways), interdit l’accès à un port "en contradiction avec le principe de libre circulation" en Europe et "ignore la volonté du tribunal de commerce de Paris" qui interdit la vente des navires sous cinq ans.

La Scop MyFerryLink emploie à ce jour 533 personnes, indique sa direction, dont 93 % d’anciens SeaFrance. L’exploitation se poursuit aujourd’hui.