Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, constate que les conclusions de la Commission britannique de la concurrence créent "une situation inédite". (Photo Thierrye Nectoux)
Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, constate que les conclusions de la Commission britannique de la concurrence créent "une situation inédite". (Photo Thierrye Nectoux)

Transmanche : Cuvillier "fera tout pour défendre l'emploi des 553 marins de MyFerryLink", tandis que la Scop fera appel

Le ministre des Transports, Frédéric Cuvillier, par ailleurs élu de Boulogne-sur-Mer, a rapidement réagi à la décision de l'autorité de la concurrence britannique interdisant d'accostage les ferries d'Eurotunnel à Douvres. Il "regrette que la méthode d’analyse adoptée par la Competition Commission ait accordé une importance exagérée à l’hypothèse selon laquelle le rachat des trois navires de l’ex-compagnie SeaFrance permettrait à Eurotunnel de réduire la concurrence".

Le ministre constate que les conclusions de la Commission créent "une situation inédite", avec une position différente de deux autorités nationales de la concurrence.

Le gouvernent, indique aussi Frédéric Cuvillier, sera attentif au recours introduit, et "fera tout ce qui est en son pouvoir afin de maintenir les conditions d’une concurrence loyale sur le détroit et défendre l’emploi des 533 marins employés par la Scop MyFerryLink, qui a réussi à conquérir, en seulement 10 mois, 9% de parts de marché en fret et 6% de parts de marché en passagers".

La Scop, qui emploie les anciens marins de SeaFrance et qui exploite les navires d'Eurotunnel mis en cause par l'autorité britannique de la concurrence, a annoncé, dès le jeudi 6 juin à 18 h 30, qu'elle fait appel de cette décision.

Dans un communiqué, elle dénonce une « conclusion injuste et choquante qui ne repose sur aucun fait concret mais uniquement sur des hypothèses virtuelles et infondées » selon Raphaël Doutrebente, Directeur général adjoint de la compagnie française. "Car le maintien de trois opérateurs ferries sur le Détroit assure au contraire la garantie d’une véritable concurrence comme l’a souligné, il y a quelques heures, le Ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier. Ces conclusions sont en totale contradiction avec celles de l’autorité de la concurrence française qui autorise la compagnie à opérer à partir de Calais".


En outre, le gouvernement tentera d’organiser avec les autorités britanniques une "procédure commune d’arbitrage" entre les deux autorités de la concurrence.