Les accusés, au cours du procès, se sont présentés comme des "exécutants" poussés par la misère et manipulés par un donneur d'ordre.
Les accusés, au cours du procès, se sont présentés comme des "exécutants" poussés par la misère et manipulés par un donneur d'ordre.

"Tanit": de 10 à 12 ans de prison requis contre les trois pirates somaliens

Le parquet a requis vendredi 18 octobre de "10 à 12 ans" de réclusion criminelle à l'encontre des trois pirates somaliens accusés d'avoir pris en otages les cinq occupants du voilier la Tanit au large de la Somalie en 2009. L'avocat général Brigitte Ernoult-Cabot n'a pas souhaité différencier les responsabilités des trois accusés devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine.

Si les accusés, au cours du procès, se sont présentés comme des "exécutants" poussés par la misère et manipulés par un donneur d'ordre, "on ne peut pas nier que leur volonté était de détourner le navire et de prendre des otages", a relevé la magistrate, soulignant que "jusqu'à l'assaut, ils ont conservé leurs armes à proximité".

"Il n'y a pas de recrutement forcé", a-t-elle encore souligné, "ils obéissent à une motivation, l'argent facile".

Quatre ans et demi après le drame, qui s'était déroulé entre le 4 et le 10 avril 2009 et s'était soldé par la mort du skipper Florent Lemaçon, tué accidentellement lors de l'assaut des commandos de marine, la semaine de procès devant la cour d'assises d'Ille-et-Vilaine a permis aux victimes et à leurs familles d'obtenir des réponses à leurs questions et de mieux cerner le profil des accusés.

"Mes clients sont arrivés dans cette enceinte sans aucune confiance dans la justice de leur pays" mais "ils en repartent avec le vrai sentiment qu'une oeuvre de justice a été faite", a souligné vendredi matin lors de sa plaidoirie l'avocat des parties civiles, Me Arnaud Colon de Franciosi.

Le 4 avril 2009, les pirates somaliens avaient attaqué le voilier de 12 mètres qui croisait à plus de 900 km des côtes somaliennes avec à bord Florent Lemaçon, Chloé et leur fils Colin, trois ans et demi, ainsi que deux équipiers.

Le 10 avril, lors d'une opération des commandos français pour libérer les otages, les deux chefs pirates à bord ont été tués, ainsi que Florent Lemaçon, touché par erreur.

Au cours de leur procès, les trois pirates rescapés, interpellés et conduits en France pour être jugés ont tous exprimé leurs regrets et demandé pardon.