L'amiral Lajous, à gauche, avait succédé à l'amiral Lagane en mai dernier. Son projet de réforme de la facturation du sauvetage des embarcations a suscité une bronca des stations. (DR)
L'amiral Lajous, à gauche, avait succédé à l'amiral Lagane en mai dernier. Son projet de réforme de la facturation du sauvetage des embarcations a suscité une bronca des stations. (DR)

SNSM : démission du président Olivier Lajous

Suite et fin, au moins pour le moment, d'une crise majeure de la SNSM, l'association des sauveteurs en mer, tous bénévoles (à l'exception des nageurs-sauveteurs recrutés l'été pour la surveillance des baignades).

Le mercredi 11 septembre peu après minuit, la SNSM diffusait le communiqué laconique suivant :

« Le vice-amiral d'escadre Olivier Lajous, président de la Société nationale de sauvetage en mer, a remis sa démission lors du comité directeur de l'association réuni à Paris le 10 septembre 2013.

Cette décision fait suite à des divergences de vue rencontrées ces dernières semaines au sein de l'association. Elle prend effet dès à présent.

La présidence par intérim sera assurée par maître Jacques Armengaud, premier vice-président, jusqu'au prochain conseil d'administration le 26 septembre. »

Olivier Lajous, brillant officier de la Marine nationale au parcours atypique (sans être passé par l'École navale, il y a achevé sa carrière avec le grade élevé de vice-amiral d'escadre, chargé de la direction du personnel de la Marine, l'un des proches adjoints du chef d'état-major), avait pris la succession de l'amiral Yves Lagane à la présidence de la SNSM le 31 mai dernier.

Homme au tempérament trempé (il fut l'un des ardents promoteurs du programme de frégates innovantes Fremm, lancé par la suite), il avait préconisé peu après son arrivée à la tête des 220 stations et 4 500 bénévoles, de culture fort peu militaire, l'idée d'une profonde réforme du mode d'indemnisation des opérations de sauvetage ainsi qu'une remise à plat de leurs besoins.

Si le secours aux personnes apporté par la SNSM a toujours été gratuit, la récupération des embarcations était, elle, facturée. Certaines stations en tirent une part substantielle de leurs recettes, permettant ainsi de faire face aux frais de maintenance ou d'acquisition des vedettes et canots qui leur sont nécessaires. Selon le nouveau président, la SNSM se plaçait ainsi en porte-à-faux à l'égard non seulement de sociétés privées, mais aussi de ses propres statuts.

Ces recettes sont cependant précieuses aux stations à l'heure où - crise économique et resserrement des dépenses publiques obligent - les dons s'amenuisent.

Une polémique latente quant à une possible concurrence déloyale à l'encontre des sociétés privées pouvant assurer le remorquage des navires et embarcations ainsi récupérés, s'est envenimée récemment dans le Var. Tout ceci a donné lieu à un très vif débat au sein de la SNSM. Une association dont les stations n'ont pas toujours adhéré comme un seul homme aux décisions venues d'un siège parisien où les officiers de la Marine nationale en "deuxième section" (en retraite) jouent traditionnellement un rôle majeur.

Alors que la remise en cause de la facturation des remorquages d'embarcations secourues suscitait une polémique très vive, l'amiral Lajous avait annoncé son intention de mettre son mandat entre les mains du conseil d'administration lors d'une réunion prévue le 26 septembre.

Il a finalement décidé de quitter ses fonctions avant même ce rendez-vous difficile.