La grève est finie pour le « Jean Nicoli », comme pour les sept autres navires de la SNCM. (Photo : Alain Lepigeon)
La grève est finie pour le « Jean Nicoli », comme pour les sept autres navires de la SNCM. (Photo : Alain Lepigeon)

SNCM : retour à la normale dès aujourd'hui

Après 16 jours de conflit, la fin de la grève a été décidée hier matin, le jeudi 9 juillet, en assemblée générale à bord du ferry Danielle Casanova. La CGT a demandé à être reçue rapidement par le Premier ministre, Manuel Valls. Après le Méditerranée, premier à quitter Marseille (pour Alger) vers 17 h, la plupart des navires sont repartis dès le soir, assurant 80 % du trafic habituel de la SNCM. Mais, en raison du calage des rotations, il ne retrouvera la normale qu’aujourd’hui.

Suite à la levée du piquet de grève des marins CGT de la SNCM, le Kalliste, de la Méridionale, a quant à lui appareillé jeudi matin de Marseille pour Toulon. Il est parti le soir pour Bastia et retrouvera aujourd’hui sa rotation normale Marseille-Corse comme les Piana et Girolata.

« Nous allons maintenant nous mettre au travail pour proposer un projet d'avenir réaliste qui assure un équilibre économique structurellement durable », estime le président du directoire de la SNCM dans un communiqué s’inspirant du relevé de conclusions adopté le 9 juillet au soir en préfecture.

Ce relevé prévoit que, d’ici le 31 octobre, la SNCM devra mener quatre chantiers : « un plan industriel et d’affaires de restructuration, un travail visant à clarifier les enjeux et le traitement des contentieux européens, un travail sur la recherche de repreneurs, un travail sur les mesures sociales d’accompagnement, qui devront être exemplaires ».

En échange, pendant le temps de ces travaux, la SNCM promet de ne « pas engager de procédure de redressement judiciaire, sauf situation de cessation de paiement ». Solution : le déblocage de l’indemnité d’assurance du Napoléon Bonaparte (60 millions d’euros), sous séquestre. Elle sera utilisée « sous le contrôle du président du tribunal de commerce et dans les limites fixées par ce dernier » tandis que les actionnaires s’engagent à ne pas « activer l’option de remboursement des comptes courants inscrits dans les conventions de trésorerie ». 117 millions d’euros sont provisionnés dans les comptes de Veolia environnement qui ne les recouvrera pas.

L’État promet de son côté de publier « sans délai » le décret d’harmonisation des règles sociales dit État d’accueil à l’issue de son examen par le Conseil d’Etat.

La solution trouvée le 9 juillet pour sauver la saison n’est que provisoire car le redressement judiciaire reste au menu de l’État. Il a fait inscrire dans le relevé de conclusion que « seul un plan de redressement pour construire une nouvelle SNCM peut permettre de mettre fin aux contentieux européens » et que « ce plan de redressement passera probablement par un redressement judiciaire », qualifié de « nouveau départ ». Le redressement judiciaire est également la piste préconisée par l’actionnaire majoritaire Transdev qui, dans le relevé, en fait « la solution la plus réaliste » pour permettre « la constitution d’une nouvelle SNCM préservant le maximum des activités et des emplois et créant des conditions nécessaires pour trouver un nouveau repreneur ».

Dès le 10 juillet au matin, le patron de Veolia, Antoine Frérot, actionnaire à 50 % (aux côtés de la Caisse des dépôts) de Transdev, a indiqué que, selon lui, la seule solution « pour sauver la liaison entre Marseille et la Corse (…) passe par un redressement judiciaire, la constitution d'une nouvelle société afin de se mettre à l’abri des amendes de Bruxelles ». Faisant fi du relevé de conclusions, le patron de Veolia appelle la SNCM à « se mettre sous la protection du tribunal de commerce le plus rapidement possible » afin de « sauvegarder un maximum d'argent pour pouvoir financer le plan de restructuration ».

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