Environ 200 salariés de la SNCM ont manifesté hier matin à Marseille jusqu’à la préfecture. (photo Thibaud Teillard)
Environ 200 salariés de la SNCM ont manifesté hier matin à Marseille jusqu’à la préfecture. (photo Thibaud Teillard)

SNCM : gare à un « embrasement » si le « double langage continue », prévient l’encadrement

La colère des salariés de la SNCM est sortie dans la rue hier à l’appel de la CFE-CGC. Une centaine de salariés à Ajaccio, le double à Marseille, quelques dizaines à Bastia ont manifesté le matin avant d’être reçus dans chacune des trois préfectures.

L’après-midi, le syndicat des cadres avait invité Roland Blum, premier adjoint UMP au maire de Marseille, et Patrick Mennucci, député et candidat socialiste à la mairie, à venir faire un point de la situation de la compagnie dans une salle comble du siège.

En présence des élus, Maurice Perrin, au nom de la CFE-CGC, prévient : « A ceux qui nous disent à Paris que nous ne sommes plus en 2005 et qu’un conflit en plein hiver n’aura que peu d’impact, nous répondons qu’ils doivent faire attention. S’il doit y avoir embrasement, on peut souhaiter qu’il soit le plus court possible mais il aura lieu. Notre cause est tellement juste qu’elle va emporter beaucoup de choses sur son passage si le double langage continue. »

Les cadres dénoncent les discours rassurants du gouvernement d’un côté et, de l’autre, la présence des cabinets ministériels aux côtés de ceux qui estiment seule envisageable la voie du dépôt de bilan. « Un redressement judiciaire peut être positif dans beaucoup de domaines mais très négatif dans une entreprise de transport, leur dit en soutien Patrick Mennucci, qui a également rencontré la CGT. Si les clients perdent la confiance, ils n’achètent plus de billets et la liquidation se profile. »

Pour l’élu socialiste marseillais, la crise actuelle doit être gérée comme une « crise de trésorerie », pas plus, en écartant, pour le moment, le règlement des contentieux européens qui sinon bouchent tous les horizons. Roland Blum est dans la même logique : il réclame une table ronde pour envisager toutes les pistes possibles à l’exception du redressement judiciaire.

Les salariés de la SNCM réunis hier exigent un règlement politique « avant Noël ». Ils veulent le lancement du plan à long terme, théoriquement validé en septembre par les actionnaires. Une étape essentielle de la viabilité de ce plan se joue demain avec l'organisation d'un référendum à bord des navires. Les marins sont appelés à se prononcer sur les accords d’armement proposés par la direction pour améliorer la productivité. La CGT, majoritaire, appelle à voter oui.