La SNCM semble être à quelques jours d’un placement en redressement judiciaire. (Photo Thibaud Teillard)
La SNCM semble être à quelques jours d’un placement en redressement judiciaire. (Photo Thibaud Teillard)

SNCM : dépôt de bilan imminent

Convoqué hier 30 octobre en urgence, un conseil de surveillance de la SNCM se réunit ce matin 31 octobre à Paris, alors que le comité d’entreprise qui a commencé le 29 octobre a été suspendu jusqu’à lundi. Ce conseil pourrait évoquer un probable dépôt de bilan de la compagnie dès ce lundi 3 novembre. Le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl, en a évoqué la perspective le 29 octobre dans un entretien sur France Info.

La procédure de cessation de paiement sera enclenchée par une demande anticipée de remboursement des prêts d’actionnaire (prévue dans les conventions de trésorerie). Cette volonté des actionnaires a été évoquée en début de CE le 29 octobre. Ces prêts courent théoriquement jusqu’en juin 2015 et représentent 103 millions d’euros pour Transdev et 14 millions d’euros pour Veolia.

Selon Olivier Diehl, « lundi (NDLR : le 3 novembre, c’est-à-dire au lendemain de la fin du moratoire qui gelait tout redressement judiciaire) il me semble que les actionnaires vont effectivement réclamer leur dû et donc il faudra qu’à un moment ou à un autre je me rende auprès du président du tribunal de commerce ».

Hier 30 octobre, devant les salariés réunis au siège de la SNCM, la direction a laissé entendre que l’objectif de tout redressement judiciaire est de commencer avant la paye pour éventuellement utiliser les assurances de garantie des salaires (AGS). La paye de fin novembre, qui comporte des primes de fin d’année, est donc directement visée. Les syndicats dénoncent l’absence d’engagements de l’actionnaire Transdev et de ses actionnaires Veolia et Caisse des dépôts sur la prise en charge du volet social d’un plan, drastique (si l’on croit déjà le projet de l’actuelle direction nommé Poséidon), de réduction des effectifs. Ils voient donc dans cette volonté de récupérer leurs prêts un « siphonage de trésorerie » organisé qui va laisser les salariés démunis devant le tribunal de commerce en cas de liquidation.

Une telle hypothèse signifierait que les actionnaires qui ont choisi de liquider la SNCM laisseraient en plus à la collectivité (les AGS) le soin de payer le plan social.