Ex-patron de Rodriguez, Éric de Saintdo (ici à gauche avec Gérard Rodriguez) est de retour pour coordonner une offre de reprise d’une partie de l’activité services. (Photo : Thibaud Teillard)
Ex-patron de Rodriguez, Éric de Saintdo (ici à gauche avec Gérard Rodriguez) est de retour pour coordonner une offre de reprise d’une partie de l’activité services. (Photo : Thibaud Teillard)

Rodriguez Group, pionnier du yachting, liquidé

L’aventure Rodriguez, initiée en 1972 par Gérard Rodriguez, s’est achevée le 22 juillet. Le tribunal de commerce de Cannes a décidé la liquidation judiciaire de la holding de tête Rodriguez Group-SNP Holding et de la filiale SNP Boat Service, en redressement judiciaire depuis le 9 janvier. La société cannoise, qui avait au 31 mars un endettement net de 96,5 millions d’euros, a fermé cette fin juillet et ne répond plus au téléphone. Un communiqué d’explications promis n’a pas été publié.

La cotation de l’action est suspendue depuis le 21 juillet à la demande de Rodriguez. Sa dernière valeur était de 90 centimes, valorisant la société à 11,25 millions d’euros. À l’issue d’une vingtaine de départs en 2013, Rodriguez employait encore une cinquantaine de salariés (hors filiale Camper [&] Nicholsons).

Cette décision met un terme à l’activité qui a fait le succès de Rodriguez : le négoce de yachts. Conséquence du redressement judiciaire de SNP Boat Service, l’activité vente de bateaux avait plongé de moitié au premier semestre, à 7,7 millions d’euros, dont 2,9 millions d’euros pour les bateaux neufs correspondant seulement à l’avancement d’un yacht en cours de finalisation.

L’activité services avait en revanche progressé avec un chiffre d’affaires de 5,7 millions d’euros, contre 5,3. Le chantier et le shipchandling, basés à Golfe Juan, continuent leur activité alors que la saison bat son plein, tout comme la filiale de courtage et de services Camper [&] Nicholsons.

C’est cette activité, dernier bijou de famille de Rodriguez, qui est en cours de cession sous l’égide du tribunal de commerce à l’issue du délai d’appel en cours. Mais l’imbrication des sociétés, la propriété des droits et des marques ainsi que les dettes fiscales d’un groupe qui n’a jamais brillé par sa transparence ont découragé bon nombre de repreneurs. L’ancien patron de Rodriguez (de 2011 à 2013) et, avant, du salon de Cannes, Éric de Saintdo, coordonnerait la seule offre ferme sur Camper[&] Nicholsons avec des investisseurs italo-suisses.