Le regard de notre dessinateur Gérard-Louis Gautier.
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Réactions politiques à la suspension de la livraison du BPC "Vladivostok" à la Russie

Différents responsables politiques ont réagi, le jeudi 4 septembre, à la décision de François Hollande de suspendre la livraison du premier des deux navires militaires de type BPC construits à Saint-Nazaire pour la Russie:

- François Fillon (UMP), ancien Premier ministre: "Je pense que la succession d'erreurs que nous avons commises dans la gestion de cette crise ukrainienne conduit aujourd'hui à une décision qui est, j'allais dire compréhensible et presque inévitable, mais ne résoudra rien, ne renforcera en
rien la position de la France qui apparaît comme suiviste de la politique américaine", a-t-il dit lors d'un point presse. François Fillon dit aussi redouter des "conséquences assez
désastreuses sur l'industrie d'armement française".

- Hervé Morin (UDI), ancien ministre de la Défense: "Je suis d'accord parce qu'il y a des gestes que l'on ne peut pas faire. C'est moi qui ai engagé les discussions avec les Russes. À l'époque, nous essayions de construire une nouvelle relation entre l'Union européenne, l'Alliance atlantique et la Russie. (...) Mais quand un pays fait la guerre, ne respecte pas le droit international, la souveraineté d'un État voisin (...) La France ne peut pas livrer un bâtiment de guerre à un pays qui fait la guerre à un voisin." (sur TV5Monde)

- Marine Le Pen, présidente du Front national, parle d'une "décision très grave parce qu'elle révèle notre soumission à la diplomatie américaine". "C'est à la demande de Barack Obama que François Hollande a pris cette décision". "Très grave" aussi "pour la valeur de la parole de la France dans les échanges commerciaux", a poursuivi Marine Le Pen. Enfin "elle va avoir un coût faramineux, pour l'emploi" puisqu'il s'agit de "cinq millions d'heures de travail, quatre mois complets d'emplois à Saint-Nazaire" et des amendes "évaluées entre 3 et 10 milliards d'euros" payables par "les contribuables français qui n'avaient vraiment pas besoin de ça".

- Henri Guaino, député UMP des Yvelines: "La stratégie de la tension est une mauvaise stratégie. C'est même une stratégie suicidaire. (...) On ne peut pas traiter la Russie avec désinvolture. Et même si la situation ne nous plaît pas, il convient de discuter et de négocier. Vladimir Poutine profite de la situation mais cette situation, nous en sommes aussi responsables ! (...) Quand Nicolas Sarkozy a tenté de régler le dossier géorgien (2008), il est allé à Tbilissi, puis à Moscou puis est revenu à Tbilissi. (...) On ne trouvera pas de solution sans négocier avec la Russie, les tensions, les sanctions n'y feront rien sinon au contraire aggraver le nationalisme russe." Ne pas livrer les Mistral à Moscou "nous envoie à des difficultés considérables. Cela veut dire que nous ne tenons pas parole, les futurs clients de la France en matière d'armement n'auront pas confiance." (sur France Inter)

- Yannick Vaugrenard, sénateur PS de Loire-Atlantique: "C'est une parenthèse dans un contrat commercial et un signal fort autant à l'adresse de Vladimir Poutine qu'à nos partenaires. Il va de soi que dans l'hypothèse d'une non-livraison définitive, ni STX ni les salariés de l'entreprise ou des sous-traitants ne doivent être la variable d'ajustement de la diplomatie française; c'est donc dans cette hypothèse ultime, la solidarité et la responsabilité nationales qui s'imposera." (communiqué)