Le système d'observation par satellite CleanSeaNet de l'Agence européenne de sécurité maritime permet désormais d'assurer une détection spatiale des pollutions maritimes. (DR)
Le système d'observation par satellite CleanSeaNet de l'Agence européenne de sécurité maritime permet désormais d'assurer une détection spatiale des pollutions maritimes. (DR)

Première condamnation pour une pollution maritime repérée par satellite

Le 25 février 2012, une détection par satellite de l’Agence européenne de sécurité maritime (EMSA) repère une traînée dans le sillage du Maersk Kiera, un chimiquier de 183 mètres battant pavillon singapourien. L'EMSA dispose d'une capacité de détection sur un satellite de l'Agence spatiale européenne, dans le cadre du programme CleanSeaNet.

Les garde-côtes (Maritime Coastguards Agency MCA) sont alors informés et le navire est contacté par le MRCC de Falmouth pour savoir si l'équipage est en train de procéder au lavage des citernes. Le commandant du navire confirme qu'un nettoyage est en cours et que le navire rejette les résidus d'huile de palme, conformément à la réglementation en vigueur. Or, le Maersk Kiera se trouve entre les îles Scilly et Lands End, à moins de 12 milles des côtes où ce rejet est interdit.

Malgré la déclaration des accusés qui affirment que le navire avait stoppé ses opérations à 13,5 milles des côtes, le tribunal de Truro a condamné, le 4 octobre dernier, les propriétaires Maersk Tankers Singapore Pte Limited à payer 22 500 livres en s'appuyant uniquement sur des images satellites. « C'est la première fois qu'une image satellite est utilisée avec succès comme preuve dans un procès maritime », se félicite le capitaine Jeremy Smart, directeur des opérations au MCA. Cela relance donc le débat sur les satellites dédiés à la surveillance maritime, un investissement lourd au départ mais qui pourrait porter ses fruits.