Une délégation d’officiers français a été reçue hier à Marseille aux Affaires maritimes pour obtenir des éclaircissements sur l’affaire du « Mega Express Five ». (Photo Thibaud Teillard)
Une délégation d’officiers français a été reçue hier à Marseille aux Affaires maritimes pour obtenir des éclaircissements sur l’affaire du « Mega Express Five ». (Photo Thibaud Teillard)

Les officiers CGT et CFE-CGC montent au créneau après l’incident du « Mega Express 5 » de Corsica Ferries

Quelques dizaines de marins se sont rassemblés hier matin devant le centre de sécurité des navires des Affaires maritimes, rue de la République à Marseille. Une délégation a été reçue par le chef du CSN et deux inspecteurs. Au menu des discussions : l’incident à bord du ferry Mega Express Five de Corsica Ferries qui a talonné le 31 mai (et non pas le 1er juin comme Corsica Ferries l’a dit au départ) en sortie d’Île-Rousse.

Sans prévenir les autorités, ni procéder aux vérifications d'usage en raison des risques pour les passagers et l'équipage ainsi que pour l'environnement, il avait poursuivi sa route jusqu'à Toulon, effectuant encore trois rotations avec la Corse.

Les marins du Monte d’Oro de la SNCM avaient déjà mené une action samedi à Nice en distribuant l’article du marin relatant l’incident aux passagers de Corsica Ferries.

Dans une lettre ouverte au secrétaire d'État aux Transports, Frédéric Cuvillier, la CGT-officiers a accusé Corsica Ferries de « mettre ses passagers en danger » et d’avoir « dissimulé la vérité ». Pour le syndicat, « si des approximations avec les règles fondamentales de sécurité de la part de la compagnie aux bateaux jaunes ont souvent été rapportées, il semble cette fois-ci que celle-ci ait franchi une limite, au-delà de tout ce que l'on pouvait imaginer ».

De son côté, la CFE-CGC des officiers (SNCNMM), s'est « étonnée » dans un communiqué « de la déclaration du porte-parole de la préfecture maritime de Toulon parue dans le marin du 12 juin, selon lequel « à aucun moment nous n'avons été informés d'un talonnage. Le contrat de confiance entre le capitaine d'un navire et le centre opérationnel de l'État côtier prévoit pourtant d'être prévenu de manière sincère et complète ».

Or, a rappelé le SNCNMM, « tout navire a l'obligation de signaler immédiatement au CrossMed tout incident de navigation sous peine de sanctions pénales ».

Les officiers français sont « habitués à un formalisme autrement plus rigoureux du CrossMed, quant au signalement d'incidents, parfois très mineurs, qui peuvent concerner leurs navires », a souligné le syndicat.

Évoquant le naufrage du navire de croisière Costa Concordia, le SNCNMM a souligné que « la minoration ou le déni d'un accident et/ou la mauvaise gestion des suites d'un accident par le bord et les services de la compagnie maritime et/ou le manque d'informations qui devraient être transmises aux autorités sont autant de facteurs contribuant à déboucher sur une catastrophe ».

L’affaire crée pas mal de remous aux Affaires maritimes. Une enquête du bureau enquête accident (BEAmer) est ouverte côté français mais les enquêteurs auraient des difficultés à obtenir des informations de leurs homologues italiens, État du pavillon.