Les chargeurs redoutent que l'exploitation en commun des flottes des trois plus grandes compagnies au conteneur soit préjudiciable à leurs intérêts. (photo Eric Houri)
Les chargeurs redoutent que l'exploitation en commun des flottes des trois plus grandes compagnies au conteneur soit préjudiciable à leurs intérêts. (photo Eric Houri)

Les chargeurs s'inquiètent de l'union P3 de CMA CGM, MSC et Maersk

« Nous avons besoin d'être convaincus que les bienfaits du P3 seront concrétisés par un marché concurrent et compétitif pour les chargeurs », a annoncé son secrétaire général Chris Welsh. Le réseau P3 est le regroupement des trois leaders mondiaux du transport de conteneurs (Maersk Line, CMA CGM et MSC) qui devrait être opérationnel au deuxième semestre 2014 : il deviendra l'acteur dominant sur l'Asie mais aussi sur d'autres lignes comme la transatlantique.

Il exclut toute activité commerciale commune comme tout accord de prix mais a pour but de mettre en commun des moyens techniques. Du point de vue des chargeurs français, « le risque de cette démarche de rapprochement entre les principales compagnies maritimes est d'avoir accès à moins d'offres de service : moins de ports touchés, moins de diversité dans les lignes et moins de concurrence, ce qui implique forcément un choix qualitatif inférieur", explique Philippe Bonnevie, délégué général de l'Association des utilisateurs de transport de fret (AUTF).

Cette réaction des chargeurs intervient au moment de la réflexion de la Communauté européenne sur une éventuelle prolongation du règlement Consortia, l'exemption des règles de concurrence dont bénéficie l'industrie maritime pour les accords de coopération technique. En cas d'abrogation, le principe du P3 pourrait être sérieusement remis en cause.