Oskar Levander, responsable de l'innovation chez Rolls Royce Marine, estime qu'un commandant de navire serait mieux employé à diriger, depuis la terre, dix navires télé-opérés. (DR)
Oskar Levander, responsable de l'innovation chez Rolls Royce Marine, estime qu'un commandant de navire serait mieux employé à diriger, depuis la terre, dix navires télé-opérés. (DR)

Le navire du futur : en plastique et télé-opéré

Pour son Lloyd’s List Summit, le quotidien économique du transport maritime a invité une trentaine de personnalités éminentes du transport maritime ou de la construction navale à Londres le 9 mai afin qu'elles expriment leur vision du futur. Certaines vont très loin. À l’instar de Gerry Wang, directeur de Seaspan, le regroupement canadien de compagnies de transport et de service maritime.

Selon lui, l’avenir est au composite dans la fabrication des navires de commerce : « L’acier est lourd, le navire transporte son propre poids, ce qui ne lui rapporte rien », estime-t-il, en soulignant la part prise par les composites dans l’aéronautique. Gerry Wang a donc encouragé son propre fils à étudier la science des matériaux, « car s’il découvre comment se passer de l’acier, il sera milliardaire ».

C’est plutôt sur l’automatisation des navires que mise le vice-président chargé de l’innovation chez Rolls-Royce Marine, Oskar Levander. Selon lui, un officier de marine marchande serait plus à sa place dans un bureau à terre, « à diriger simultanément dix navires télé-opérés » qu’à remplir des papiers dans le bureau de son navire. Les équipages pourraient tout aussi bien surveiller les machines à distance, toujours depuis la terre. Selon Oskar Levander, les caméras étant plus fiables que l’œil humain et les équipages bien difficiles à trouver, rien ne s’oppose à ce que l’on n’expose plus la vie humaine en haute mer, grâce à une automatisation qui pourrait d’ores et déjà être la règle dans les passages d’eau.

Des visions radicales qui ne devraient guère rencontrer d’adhésion au sein des navigants.