Patrick Mennucci, à droite, en discussion hier midi devant le siège du PS avec Frédéric Alpozzo, le leader des marins CGT de la SNCM. (photo Thibaud Teillard)
Patrick Mennucci, à droite, en discussion hier midi devant le siège du PS avec Frédéric Alpozzo, le leader des marins CGT de la SNCM. (photo Thibaud Teillard)

La SNCM en grève, Patrick Mennucci accuse l'actionnaire Transdev de vouloir « couler la boîte »

Trois navires de la SNCM sont restés à quai hier à Marseille. Les deux derniers en activité, le Paglia Orba, en provenance d'Ajaccio, et le ferry Danielle Casanova, qui rentrait d'Algérie, devraient s'arrêter ce matin à leur tour à leur arrivée à Marseille. C'est le démarrage d'un conflit mené par tous les syndicats (à l’exception du Syndicat des travailleurs corses) pour obtenir la sortie de l’actionnaire à 66 % Transdev accusé, au-delà de son opposition au plan de développement de la direction, de vouloir liquider la compagnie.

Les salariés demandent que la Caisse des dépôts et consignation (CDC), qui détient 50 % de Transdev, puisse assurer le relais, même provisoire, de l’actionnariat en attendant qu’un partenaire industriel puisse développer la compagnie une fois réglée la question des amendes européennes – en priorité celle qui concerne la privatisation de 1995 – 1996.

Pour les salariés, l’attitude de Transdev ne peut pas permettre à la commande de deux navires aux chantiers STX d’aboutir avant juin. Ils interpellent l’Etat, actionnaire direct à 25 % et indirect via les 50 % de la CDC dans Transdev, l’accusant de mener une stratégie de pourrissement. « On comprend ce mouvement qui manifeste des inquiétudes réelles, dit une source gouvernementale à l’AFP. Mais on n'est pas certain de l'urgence. L'Etat a tenu tous ses engagements notamment sur la trésorerie, question qui ne se pose plus aujourd'hui. »

Les salariés estiment néanmoins que l’Etat a toutes les clés en mains pour régler une fois pour toute la situation inextricable de la SNCM. Alors qu’une centaine de salariés étaient rassemblés devant le siège marseillais du PS, une délégation syndicale a été reçue hier midi par le candidat de la Gauche à la mairie Patrick Mennucci.

Après avoir estimé que Transdev voulait « couler la boîte », l’élu socialiste a promis d’alerter dans la journée l’Elysée et Matignon. « Je lance un appel au Premier ministre et au Président de la République pour qu'ils sécurisent l'actionnariat en faisant pression sur la Caisse des dépôts », a déclaré Patrick Mennucci devant les salariés. Les syndicats attendent une intervention directe de François Hollande auprès du patron de Transdev, Jean-Marc Janaillac, son collègue de promotion à l’ENA au même titre que le directeur général de la Caisse des dépôts, Jean-Pierre Jouyet.

Les syndicats ont été reçus en soirée à la mairie de Marseille par Roland Blum, premier adjoint de Jean-Claude Gaudin, maire UMP candidat à sa réelection. Dans la foulée, ce 26 mars au soir, comme la veille, ils devaient une nouvelle fois être en conférence téléphonique avec le cabinet du ministre des Transports Frédéric Cuvillier.