Le commandant et l'armateur du "Prestige" ont accusé le gouvernement espagnol d'avoir provoqué le naufrage en ordonnant au navire de s'éloigner des côtes. (Photo DR)
Le commandant et l'armateur du "Prestige" ont accusé le gouvernement espagnol d'avoir provoqué le naufrage en ordonnant au navire de s'éloigner des côtes. (Photo DR)

Fin du procès du "Prestige": des peines de 5 à 12 ans de prison requises

Le procès de la marée noire du Prestige s'est achevé mercredi 10 juillet à La Corogne, en Espagne, après huit mois d'auditions pour juger quatre accusés. Le parquet a requis entre 5 et 12 ans de prison pour le commandant grec du navire, Apostolos Mangouras, âgé de 78 ans, le chef mécanicien, Nikolaos Argyropoulos, grec lui aussi, et pour le directeur de la marine marchande espagnole de l'époque, José Luis Lopez-Sors, ainsi que 4,3 milliards d'euros de dommages et intérêts. Le quatrième accusé, l'officier en second philippin, Ireneo Maloto, est en fuite.

Le verdict du procès, qui avait débuté le 16 octobre 2012, sera donné à l'automne. Le Prestige, un pétrolier chargé de 77 000 tonnes de fuel, a fait naufrage en novembre 2002, polluant plus de 1 700 kilomètres de littoral, en Espagne, mais aussi au Portugal et en France.

Pendant le procès, pour lequel 1 500 plaignants se sont regroupés en 55 parties civiles, le commandant et l'armateur du Prestige ont accusé le gouvernement espagnol d'avoir provoqué le naufrage en ordonnant au navire de s'éloigner des côtes.

Les autorités "nous ont donné le cap 320. C'était un cap peu sûr. Le navire a une voie d'eau et ils l'envoient au large, dans l'océan", avait dénoncé Apostolos Mangouras. "C'était la pire option. Ils nous laissaient dans un cercueil flottant et ils nous envoyaient nous noyer", avait-il ajouté.

"C'était une simple fuite en avant", a pour sa part déclaré l'avocate de l'armateur Mare Shipping, propriétaire du Prestige, pour qui ce choix était un "cap suicidaire qui a aggravé les dommages structurels".

Seul représentant des autorités à s'asseoir sur le banc des accusés, José Luis Lopez-Sors a défendu cette décision. "Il me semblait mieux que le bateau coule loin de la côte pour minimiser les dégâts environnementaux", a-t-il expliqué.