Hervé Morin a été ministre de la Défense de 2007 à 2010, quand se négociait avec la Russie la vente de deux navires de type BPC. (Photo DR)
Hervé Morin a été ministre de la Défense de 2007 à 2010, quand se négociait avec la Russie la vente de deux navires de type BPC. (Photo DR)

Faut-il ou non livrer les BPC russes? La droite française divisée

La droite française se divise sur la question de savoir s'il faut ou non livrer les deux navires BPC de type Mistral construits à Saint-Nazaire pour la Russie. Le centriste Hervé Morin, ancien ministre de la Défense, répond "non". Les UMP Xavier Bertrand et Hervé Mariton restent, eux, partisans de livrer les deux navires malgré la crise ukrainienne.

Ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, Hervé Morin a été à l’initiative du contrat signé avec la Russie. Aujourd'hui, il s'oppose à la livraison du premier BPC, le Vladivostok, prévue en octobre prochain, en raison de l'implication russe dans la crise ukrainienne. "La Russie, aujourd’hui, très clairement, mène des actions dans un État souverain, l’Ukraine, a-t-il déclaré le lundi 1er septembre au micro d’Europe 1. Il serait incompréhensible que la France livre ce bâtiment."

Pour autant, Hervé Morin se défend d’avoir commis une erreur d’appréciation en cautionnant la vente de deux navires militaires à la Russie. "Cela s’est fait avec des chantiers navals à Saint-Nazaire qui n’avaient plus de boulot, a-t-il rappelé. Deuxièmement, l’ensemble des pays européens, et je me souviens de discussions au sein même de l’Otan, disaient qu’il fallait bâtir un nouveau partenariat stratégique avec les Russes. (…) Tout cela correspondait à un contexte radicalement différent de celui d’aujourd’hui."

Hervé Morin passant pour particulièrement atlantiste, sa position n'apparaît pas foncièrement très surprenante. Les États-Unis font pression pour que la France annule la vente à la Russie. À l'UMP, en revanche, on campe sur des positions plus gaulliennes. Également interrogé sur Europe 1, l'ancien ministre UMP Xavier Bertrand a, pour sa part, souhaité que la France tienne son engagement. "Il faut livrer les Mistral. Quand la France s'engage, qu'elle signe un contrat, la France honore sa signature", a-t-il déclaré.

Hervé Mariton, député de la Drôme et candidat à la présidence de l'UMP, est sur la même longueur d'ondes. Il a estimé, le mardi 2 septembre, sur RMC et BFMTV, que la France devait livrer les deux porte-hélicoptères Mistral à la Russie malgré le conflit ukrainien car elle doit "absolument maintenir un lien avec la Russie". Russophone, Hervé Mariton est le vice-président du groupe d'amitié France-Russie de l'Assemblée nationale.

Fin juillet, François Hollande avait assuré que le premier bâtiment, le Vladivostok, serait livré comme prévu en octobre 2014, tandis que la livraison du deuxième bâtiment, le Sébastopol, dépendrait "de l'attitude de la Russie".