Après deux semaines de grève, les élus marseillais montent au front pour trouver une porte de sortie au conflit SNCM. (Photo : Thibaud Teillard)
Après deux semaines de grève, les élus marseillais montent au front pour trouver une porte de sortie au conflit SNCM. (Photo : Thibaud Teillard)

EXCLUSIF - SNCM : les élus marseillais proposent une porte de sortie en forme de moratoire

Après avoir soutenu la grève qualifiée de légitime, les collectivités marseillaises (ville, communauté urbaine, conseil général des Bouches-du-Rhône) appellent à la reprise du travail à la SNCM. En échange, elles proposent un moratoire qui, pendant une première période de quatre mois, place la compagnie à l’abri de toute procédure (sauvegarde ou redressement judiciaire) devant le tribunal de commerce. Le but: se donner jusqu'à fin octobre pour étudier dans la sérénité toute offre de reprise dans le cadre de la continuité de l'entreprise.

Cette porte de sortie, pilotée par la majorité municipale (UMP) de la ville de Marseille et qui doit obtenir le soutien de l'actionnaire majoritaire Transdev, va faire l’objet d’un communiqué des élus, Jean-Claude Gaudin, Guy Teissier et Jean-Noël Guérini. Il sera diffusé aujourd’hui avant la réunion de négociation qui s’ouvre à 14 h en préfecture de Marseille en présence du médiateur nommé par le gouvernement, Gilles Bélier.

Les syndicats vont-ils la juger suffisante pour appeler à cesser la grève entamée le 24 juin ? Décision sans doute demain matin, le mardi 8 juillet, en assemblée générale.

Cette solution du moratoire a le mérite d’éviter que la SNCM ne se retrouve très vite en redressement judiciaire, avec un démantèlement rapide à la clé. Car, sans toucher aux 60 millions d’euros, sous séquestre à la Caisse des dépôts, de la prime d’assurance du Napoléon Bonaparte, la SNCM peut se retrouver en cessation de paiement dès la rentrée. Ce moratoire assurerait aussi à l’offre la plus ambitieuse, celle animé par Christian Garin et le norvégien Siem, d’éviter de passer par la case tribunal de commerce et de négocier de gré à gré la sortie de Transdev-Veolia.

Selon nos informations, l’ancien président d’Armateurs de France présentera cette offre ferme à l’actionnaire majoritaire fin juillet. Elle prévoit jusqu'à six navires neufs et une solution sur la question des amendes européennes.