À Rijeka, le chantier 3 Maj devrait être repris par Uljanik, qui souhaite lui transférer une partie de ses commandes. (Photo Éric Houri)
À Rijeka, le chantier 3 Maj devrait être repris par Uljanik, qui souhaite lui transférer une partie de ses commandes. (Photo Éric Houri)

Croatie: privatisation amère pour les chantiers navals

L’entrée officielle de la Croatie dans l’Union européenne, le 1er juillet, n’a pas déclenché de tonnerres d’applaudissement dans les chantiers navals du pays, sommés de tirer un trait sur les 180 millions d'euros de subventions accordées chaque année par l’État pour renflouer leurs déficits chroniques.

Le long et difficile processus de privatisation des chantiers a laissé sur le carreau près du tiers des effectifs, désormais sous la barre des 6 000 employés. Seuls deux sites sur six étaient dans les clous quand il a été mis en branle, car déjà privatisés : Uljanik, à Pula, et Viktor Lenac, à Rijeka.

Si Uljanik, détenu à 38 % par ses 2 600 employés, est aujourd’hui bénéficiaire (430 000 euros en 2012), Viktor Lenac (550 employés) a affiché en 2012 un résultat déficitaire de 3,9 millions d’euros, le premier en 4 ans pour ce site spécialisé dans la réparation navale et la sous-traitance pour les plates-formes pétrolières qui subit la concurrence turque et monténégrine.

Avec des fortunes diverses, ces deux sites restent toutefois les plus solides. La privatisation des quatre autres sites (3 Maj à Rijeka, Trogir, Split et Kraljevika) s'est révélée bien plus difficile.

Kraljevika (500 employés) a été purement et simplement liquidé. À Rijeka, 3 Maj devrait être repris par Uljanik, qui souhaite lui transférer une partie de la commande de quatre transbordeurs récemment décrochés auprès de la compagnie nationale de ferries Jadrolinija.

Pour les autres, la reprise par des industriels croates ne laisse qu’une place réduite aux activités navales au milieu de projets de reconversions qui associent parcs industriels et marinas.

Plus d'informations dans "Le marin" du vendredi 5 juillet.