Aujourd'hui achevé, le BPC Vladivostok devait être livré à la Russie fin octobre-début novembre. L'échéance approche et le client s'impatiente... (Photo : Éric Houri)
Aujourd'hui achevé, le BPC Vladivostok devait être livré à la Russie fin octobre-début novembre. L'échéance approche et le client s'impatiente... (Photo : Éric Houri)

BPC russes: "La France doit livrer ou rendre l'argent" selon Moscou

La France doit se décider, livrer les BPC de type Mistral à la Russie ou rendre l'argent, a déclaré le jeudi 9 octobre le porte-parole de la diplomatie russe Alexandre Loukachevitch. "La situation est simple : il y a des contrats qu'il faut remplir", a déclaré Alexandre Loukachevitch, interrogé lors d'une conférence de presse.

"Si la partie française a de nouvelles variantes, il faut en parler et ne pas utiliser la méthode du mégaphone diplomatique", a-t-il critiqué. "La France doit se décider. Ou rendre l'argent", a-t-il conclu.

La France a vendu en juin 2011 deux bâtiments de projection et de commandement Mistral, c'est-à-dire en fait des porte-hélicoptères d'assaut, pour environ 1,2 milliard d'euros à la Russie. Le premier bâtiment a été baptisé Vladivostok, et le second doit s'appeler Sébastopol, du nom du grand port de Crimée, annexée en mars par la Russie.

Le groupe DCNS est maître d’œuvre de la réalisation des deux BPC et réalise l’intégration du système de direction des opérations du navire et du système de communications. STX France intervient dans le contrat en qualité de sous-traitant de DCNS, chargé de la construction de la plate-forme des navires.

Dans les plans initiaux, la première livraison était prévue fin octobre-début novembre. Mais début septembre, le président français François Hollande a semblé remettre en cause le contrat en annonçant qu'il prendrait "à la fin du mois d'octobre" une décision sur la livraison de ces navires "en fonction de la situation" et selon l'état du cessez-le-feu décrété le 5 septembre et l'avancement du processus de paix dans les régions séparatistes de l'est de l'Ukraine.

Aujourd'hui, la Russie met la France au pied du mur. Elle signifie clairement qu'elle n'acceptera pas de surseoir à la livraison, et donc de trouver éventuellement un accommodement, en attendant que la crise en Ukraine s'apaise durablement.