Chalutier en Pologne, en mer Baltique. Un segment s’estimant laissé pour compte. (Photo Lionel Flageul)
Chalutier en Pologne, en mer Baltique. Un segment s’estimant laissé pour compte. (Photo Lionel Flageul)

Baltique : le cabillaud va mal… la pêche artisanale aussi

Les scientifiques conseillent de réduire de plus de 50 % les captures de cabillaud en mer Baltique en 2015. Très maigre, le poisson souffre de la dégradation de l’environnement et d’un manque de nourriture. Impact de la pêche minotière du hareng ? Les pêcheurs artisans trinquent.

Le Ciem (Conseil international pour l’exploration de la mer) conseille cette réduction de quota en zones occidentale comme et orientale. Le stock oriental avait échappé à un effondrement en 2002 et montrait des signes de reprise, mais les derniers constats montrent au contraire une population anormalement petite avec une croissance lente.

La pollution et le manque de nourriture sont pointés: en clair, la pêche minotière, qui retire le hareng de la bouche du cabillaud pour la transformer en farine…

Des pêcheurs polonais mettent le doigt sur ces problèmes dans le documentaire Fishermen, de Viktoria Marinov, présenté cette année au festival de films Pêcheurs du monde (mention spéciale du jury).

Il montre à quel point la frange des navires artisans, de taille moyenne, est menacée en Baltique. Et leur sentiment que l’Union européenne fait tout pour que ne subsistent que la petite pêche côtière et la pêche industrielle. Coupes dans les quotas, excès de contrôles (100 % au lieu de 20 %), paperasse: les pêcheurs expriment avec force dans le film un découragement que d’autres partagent en Europe et réclament de récupérer leur capacité à gérer eux-mêmes leurs pêcheries.